II, 8; VII
4. Voir textes cités par M. .Martha, les Moralistes sous l'empire 7'omain, p. 197 et 199.
o. Voir Marc-Aurèle, V, 1.
214 UN PROBLÈME MORAL DANS l'ANTIQUITÉ
je fais de mon âme?... quelle âme ai-je présentement? celle d'un enfant? celle d'un jeune homme? celle d'une femmelette? celle d'un tyran? celle d'une bète de somme? celle d'un animal féroce *? » Comme s'il se défiait du juge sévère pourtant qu'il est pour ses moindres pensées, il imagine un critérium de leur innocence : « Ne désire jamais rien qui ait besoin d'être caché par des murs ou par des voiles ^. » Elle est de lui aussi cette belle expression : « Vivre en paix avec soi-même ^ » — Son âme d'ailleurs est sans morgue. A la différence de ses maîtres en stoïcisme, il ne méprise pas autrui, qu'il s'interdit de juger \ C'est que les intentions, qui seules font la valeur des actes, lui sont cachées % et sa réserve est ainsi plus charitable et plus logique à la fois que le dédain traditionnel de l'école. D'ailleurs n'a-t-on pas surtout affaire avec soi-même^? L'attention que l'on donne à l'âme d'autrui nous détourne de la nôtre, et Marc-Aurèle remarque que la plus sévère critique de ce qui ne nous regarde pas