Sénèque, De la clémence, II
5. Ne peut-on dire ici du stoïcisme ce que Ghateaubriar.d disait du protestantisme? « Equitable et moral, le protestantisme est exact dans ses devoirs, mais sa bonté tient
Complétons par quelques traits encore ce type nouveau du sage, qui peu à peu se substitue à la figure idéale mais inimitable que nous avons esquissée plus haut. Sénèque recommande en tout à la conscience qu'il dirige la mesure et la prudence : « Ayons une façon de vivre meilleure que la foule, mais qui ne la choque point \ » « Il ne faut point effrayer ceux que nous voulons gagner. » On ^ ajustement rapproché ces conseils de ceux d'un autre directeur, de Fénelon : « On vit à peu près comme les autres, sans affectation, sans apparence d'austérité, d'une manière sociable et aisée, mais avec une sujétion perpétuelle à tous ses devoirs \ » « Il ne faut ni se mêler à la foule, ni s'isoler », dit ailleurs Sénèque, et il va jusqu'à conseiller à Lucilius de célébrer les saturnales, mais sans orgie \ Ailleurs encore, il compare le sage à un pilote habile qui ne lutte pas contre les vents et les flots, mais qui
plus de sa raison que de sa tendresse; il vêt celui qui est nu, il ne le réchauffe pas dans son sein; il ouvre des asiles à la misère, il ne vit pas et ne pleure pas avec elle dans les réduits les plus abjects, il soulage l'infortune, il n'y compatit pas. » {Analyse de Vhist. de France, François /".)