‹ Le problème moral dans l'AntiquitéChapitre 18 sur 259 · Sénèque, Lettres · texte numérisé non relu

Sénèque, Lettres

26 UN PROBLÈME MOIIAL DANS l' ANTIQUITÉ

louvoie \ M. Martha fait un honneur à Sénèque d'avoir rompu en tout ceci avec la scolastique stoïcienne. Mais il n'eut pas l'initiative de cette rupture, et l'inventeur même de toute cette scblastique, Ghrysippe, avait déjà rompu avec elle. Peut-être trouvera-t-on même qu'il poussa trop loin les concessions. C'est le même philosophe qui écrivait qu' « un sage, eût-il perdu la plus magnifique fortune , croirait n'avoir perdu qu'une drachme », et qui, au grand scandale de Plutarque, donne aux maîtres de philosophie des conseils d'un caractère peu élevé pour le recouvrement de leurs honoraires. Il recommande de traiter à forfait et de ne s'engager à rendre l'élève accompli qu'au bout de plusieurs années ^ On paraît plus libéral, dit-il encore, en faisant quelque crédit, mais il est souvent plus prudent de faire payer d'avance. Aussi, dans sa spirituelle satire des sectes à l'encan, Lucien '^ appelle-t-il Ghrysippe un usurier. Un ^ autre prolit légitime pour le sage est celui qu'il tire des rois, et Ghrysippe

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