‹ Le problème moral dans l'AntiquitéChapitre 170 sur 259 · Sénèque, ici · texte numérisé non relu

Sénèque, ici

u. Sénèque, id., 18.

220 UN PROBLÈME MORAL DANS l'ANTIQUITÉ

certaine discipline soit devenue comme l'initiation imposée à tous les aspirants à la philosophie K A lage de douze ans, Marc-Aurèle, enfant chétif, couche sur une planche, et il faut les larmes d'une mère pour couper court à ces dangereuses et précoces austérités. Dans un âge avancé au contraire, Télégant Sénèque se contente encore d'un matelas résistant, comme ceux dont Attale vantait l'usage, et continue de s'interdire certains raffinements de table ^ D'autres se défendent de rire, d'autres encore se privent de sommeil K Enfin la chasteté devient une vertu, et Marc-Aurèle nous dit en termes discrets qu'il ne s'est pas fait homme avant l'âge, qu'il différa même un peu, retard vertueux dont il rend grâces aux Dieux *.

Il arriva sans doute que l'objet de ces- efforts moraux fut indigne d'eux. La vertu stoïque eut ses vaillants et ses martyrs, et aussi ses acrobates. Epictète les gourmande vertement. Il ne faut ni gaspiller son énergie, ni forcer son talent \ Il ne faut pas non plus, ajoutet-il, donner sa lutte avec soi-même en spectacle,

i. Voir Epictète, Diss., III, 22.

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