StîiÈQVE, Lettres, 18. Cf. Mauc-Acréle, IV
3. Pll'tarque, Des Moyens de réprimer la colère, 2. Cf. Epic- TÈTE. Diss., I, 15. Manuel, 33,
222 UN PROBLÈME MORAL DANS l'ANTIQUITÉ
lombre même d'une bonne intention. Une règle, si douce qu'elle soit, et quand bien même elle ne ferait qu'aviver par le contraste et le changement les jouissances dont elle devrait nous sevrer, est toujours une règle, c'està-dire une discipline pour la volonté et un apprentissage pour des obligations plus vraies. Nous dirions presque qu'une règle, quoi qu'elle commande, est chose saine. Car ce qu'elle produit, ce n'est pas tel acte extérieur insignifiant, c'est, dans l'àme qui s'y soumet, le sentiment de l'obéissance et l'habitude du devoir. Mais il est plus facile de sourire de certaines choses que de les comprendre.
Les stoïciens savaient ce que gagne la moralité à ces infiniment petites victoires et à cette constante possession de soi-même. Marc- Aurèle soumet à une règle le maintien même du corps ^ Epictète conseille de se surveiller sans cesse et dans les plus menues circonstances ^ — Comme plus tard Kant, le même Epictète * distingue deux parties dans l'éducation : apprendre ses devoirs ; apprendre à leur obéir : ce que le philosophe de Kœnigsberg appellera