Epictète, Diss., II
la didactique et l'ascétique. Et de cette ascétique il donne, en cent passages divers, une véritable théorie, esquissée d'ailleurs par tous les autres maîtres du stoïcisme. Il en ressort cette idée, bien conforme à l'esprit de ce chapitre, bien contraire à la conception qu'on se fait souvent d'une vertu stoïcienne trop confiante et trop superbe, à savoir que non seulement il faut nous imposer à nous-mêmes une discipline, mais la recevoir toute faite du dehors. L'autonomie de la volonté n'exclut pas le secours qu'apporte, momentanément du moins, un commandement écrit. La conscience la plus droite n'a pas l'inflexibilité d'une maxime enfermée en quelques mots d'un sens strict, et enfermant la volonté avec elle \ Démétrius ^ et Posidonius ^ la demandent aussi courte et aussi impérieuse que possible. Car il est bon parfois de se sentir soutenu et commandé. Alors la liberté se repose et se rassure. De tels commandements seront comme des rappels violents à un devoir que l'on perd de vue, ce seront des secousses, ce seront des remèdes, ce sera le fer rouge mis sur la plaie ^ Et quel est