‹ Le problème moral dans l'AntiquitéChapitre 186 sur 259 · Sénèque, ici · texte numérisé non relu

Sénèque, ici

4. Sénèque, De la Colère, II, 21-22. Cf. De la Clémence, I, 14, 16.

238 UN PROBLÈME MORAL DANS l'aNTIQUITÉ

Sénèque recommande en outre d'enseigner avant tout à leurs élèves le devoir du respect et le sentiment de l'égalité, — admirable théorie de l'éducation donnée en une page du traité de la Colère par celui qui réussit à contenir pendant quelques années les passions d'un Néron! Mais la théorie, même unie à la bonne volonté, est impuissante, au dire d'Epictète, sans une grâce d'état ; car cette influence pénétrante d'une âme sur une autre participe du mystère '. Le fait est que les maîtres stoïciens semblent avoir eu le don peu commun de s'emparer des esprits jusqu'à les posséder. Quelle reconnaissante piété Marc-Aurèle ne témoigne-t-il pas à Rusticus! A l'en croire, sans Rusticus il n'eût pas été Marc-Aurèle ^ Voici maintenant l'hommage d'un poète à un philosophe qui fut son maître : « C'est à toi seul aujourd'hui, Cornutus, ù mon ami, que, docile à la voix de la Muse, je veux dévoiler tout mon cœur. Il m'est doux de te montrer quelle place tu tiens dans mon âme. Frappe ici, toi dont le doigt sait reconnaître le vase fêlé qui sonne faux, toi qu'on n'abuse point avec des paroles fardées. Ah! si j'osais demander cent voix, ce serait

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