‹ Le problème moral dans l'AntiquitéChapitre 189 sur 259 · CicÉKON, Prem. Acad., II · texte numérisé non relu

CicÉKON, Prem. Acad., II

céron. Puis Tiisage pour les grands personnages de s'attacher un guide spirituel se généralisa. Athénodore de Tarse aida à la transformation morale autant que politique d'Octave en Auguste. Livie, abattue par la mort de son fils Drusus, refuse d'entendre tout autre qu'Arée, « le philosophe de son mari, » le sien aussi, puisqu' « il était initié par Auguste aux plus secrets mouvements de leurs deux âmes * ». Cette place que le philosophe prend dans la maison marque, pour ceux qui n'en seraient pas encore convaincus, celle que la philosophie tient dans la vie morale. On l'ajustement comparée à celle de la religion représentée, avec une austérité intermittente, par l'abbé du xvii^ et du xviii^ siècles. Qu'après cela la philosophie ait eu, elle aussi, ses abbés galants et complaisants ^ il ne faut en accuser que les mœurs du temps, ou plutôt de tous les temps. Encore se trouverait-il des casuistes pour soutenir qu'en préférant les compromis à une rupture on sauve pour autrui plus qu'on ne perd soi-même de moralité, et qu'en définitive le moraliste ne fait là que se sacrifier à la morale. A quoi

1. Sénéque, Consolation à Marcia, 4. Cf. Mabc-Aurèle, VIII, 31.

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