‹ Le problème moral dans l'AntiquitéChapitre 20 sur 259 · Plutarque, id., H (traduction de M. Ravaisson · texte numérisé non relu

Plutarque, id., H (traduction de M. Ravaisson

celle de la vie physique et du corps *. » Mais était-ce la peine alors de tant exalter la raison, si on doit la sacrifier à la beauté physique? Ailleurs c'est à la vie qu'elle est sacrifiée^: « mieux vaut vivre étant insensé, que de ne pas vivre, dût-on ne jamais agir en être raisonnable. » N'est-ce pas là

Propter vitam vivendi perdere causas?

N'est-ce pas ouvrir la porte à tous les compromis et à tous les sophismes?

Mais la casuistique ne marque pas seulement une défaillance du stoïcisme et comme le relâchement qui suit une tension exagérée. Elle se place à un autre titre dans le système. La morale stoïcienne est une morale formelle. Elle fait résider le bien tout entier dans l'âme du sage, et, on l'a vu, ce n'est que par concession, et quelquefois par faiblesse qu'elle s'est départie du sens nouveau et rigoureux qu'elle imposait aux mots. Mais une forme par elle-même est vide. Il faut qu'elle revête quelque chose. Et voilà que l'étude de tout ce qui peut devenir matière du devoir envahit la morale ^ Une doctrine qui donne à

1. Mémoire sur le stoïcisme {Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, XXI, l'^ partie).

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