‹ Le problème moral dans l'AntiquitéChapitre 213 sur 259 · Marc-Aurèle, II, 1". Cf. V · texte numérisé non relu

Marc-Aurèle, II, 1". Cf. V

hommes et les choses, il faut supposer que, portés dans les airs, nous apercevions au-dessous de nous un monde réduit en miniature par Féloignement *. Ou bien il faut se figurer que nous sommes contemporains de toutes les époques, afin qu'assistant à l'éternelle répétition de la même histoire, des mêmes passions et des mêmes ambitions, nous éprouvions une lassitude qui nous désabuse ^ On se souvient peut-être que dans une admirable analyse de Jouffroy, c'est aussi ce rapetissement des objets, produit par la distance dans l'espace et dans le temps, qui éveille notre pensée endormie, et fait naître en elle le besoin d'une réalité sans mirage. Mais ce désenchantement n'a chez Marc-Aurèle rien de tragique, ni de douloureux. En face du néant dont il sonde toute la profondeur, il garde l'absolue sérénité de son àme. Il trouve les choses bien ainsi et se convainc sans révolte de leur insignifiance. Il y aurait plutôt chez lui une indulgente ironie pour les dupes qu'elles font et pour le mal que les hommes se donnent à s'agiter dans le vide. Il reste optimiste après avoir parcouru tous les

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