Marc-Aurèle, IX, 30; XII, 23. Cf. III
2. Marc-Ackèle, IV, 19, 32. Cf. II, 17; UI, 3; IV, 3; IV, 33; VI, 47; VIII, 32; XH, 37.
268 UN PROBLÈME MORAL DA>S l' ANTIQUITÉ
stades de l'illusion, optimiste blasé et content de l'être.
Après le mépris de la vie, le mépris de la mort. Ce sentiment, nous dira-t-on, est aussi vieux que le stoïcisme, et nous avons montré nous-mêmes des stoïciens de toutes les époques traitant la mort avec sans-gêne. Mais s'ils se la donnaient ou l'acceptaient volontiers, c'était pour clore, à l'heure qui leur semblait opportune, une vie où ils avaient mis tout leur art. Ce mépris de la mort, ou plutôt cette tendresse pour elle venait de ce qu'elle était la ressource suprême de cet art, de ce qu'elle pouvait être l'affirmation héroïque de leur indépendance. A vrai dire, tout ce qui les touche prend, à leurs yeux, une grande importance, la mort comme la vie, et ils tirent vanité de la mort même. Il y a loin de cet invincible contentement de soimême à la gaieté triste de Lucien « jouant avec des têtes de mort ', » ou à la mélancolie de Marc-Aurèle. Pour celui-ci la mort est un accident sans valeur dans une vie sans valeur *. Il ne la craint ni ne la cherche, il l'attend ; il ne triomphe pas d'elle, il s'y soumet. Il y pense pourtant, parce qu'elle est la preuve sans répli-