Marc-Aurèle, IX, 3. Cf. II, 12: TV, o
que de notre nullité, et la défaite définitive d'illusions toujours prêtes à renaître. Il y pense aussi afin qu'elle le trouve en règle avec ses devoirs et en paix avec lui-même K Peut-être enfin fait-il effort ^ effort dissimulé et mesuré, pour s'habituer à une idée qui répugne à l'optimisme le plus résolu, celle d'une mort qui finit ce qui ne méritait pas de commencer, et qui elle-même ne recommence rien.
Il est en effet un sentiment par lequel nous complétons instinctivement et nous expliquons à nous-mêmes ces mélancoliques refrains sur la vanité de la vie. Une espérance est sous-entendue pour nous dans toute plainte contenue, et les âmes dont elle est absente ne distillent que de l'amertume. Mais on ne saurait dire que ces grands résignés de l'antiquité aient puisé en elle leur courage. — Elle apparaît pourtant dans leurs vies et dans leurs œuvres, et cela même est significatif. La métaphysique stoïcienne ne croit pas au dogme de l'immortalité de l'âme. Cependant ni Sénèque, ni Epictète, ni Marc- Aurèle n'y ont tout à fait renoncé. Sénèque, toujours en quête d'un beau développement
1. Marc-Aurèle, n, 5, 6, 11: IV, l", 37. Voir plus haut. Cf. Epictète, Diss., III, o. Sénèque, Lettres, 12.