‹ Le problème moral dans l'AntiquitéChapitre 216 sur 259 · Voir surtout Marc-Aurèle, XI · texte numérisé non relu

Voir surtout Marc-Aurèle, XI

270 UN PROBLÈME MORAL DANS l' ANTIQUITÉ

philosophique, emprunte même à Platon ses démonstrations et son enthousiasme % sauf à en rabattre un autre jour, et à se contredire *. Mais le doute d'Epictète et de Marc-Aurèle a quelque chose de plus religieux que ces affirmations oratoires, et qui ressemble plus à une espérance. On sent que, s'ils ne croient pas, ils voudraient croire. Ils ont peur d'affirmer leur scepticisme, comme on a peur de prononcer une parole de mauvais augure. Devant la perspective de l'anéantissement final qui se présente souvent à eux, ils détournent les yeux, ou se réfugient dans l'incertitude ^. Ce n'est pas la foi, mais c'est le besoin de la foi. Ajoutons que s'ils n'espèrent pas formellement, du moins ils ne craignent rien. Car la philosophie stoïcienne a travaillé depuis l'origine à chasser la peur de la religion ^ Leur incertitude est sereine. Leur croyance en Dieu, sans jamais les inquiéter, les soutient % et pour ces stoïciens qui, n'écrivant ni ne raisonnant, se laissèrent mieux aller à une sorte de logique intime, pour tous, on aime à le croire, au dernier moment, elle

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