‹ Le problème moral dans l'AntiquitéChapitre 222 sur 259 · Xénophon, Mémoires sur Socrate, IV · texte numérisé non relu

Xénophon, Mémoires sur Socrate, IV

qu'il demande n'admettent aucune rigueur? Platon, retenu par la nature de son génie sur les hauteurs de la spéculation, ne fut pas un casuiste, et n'en eût pas été un sans doute à quelque autre époque de l'histoire qu'il eût vécu. Lorsqu'il est subtil, et il l'est souvent, c'est une subtilité toute théorique, pour ainsi dire, au-dessus ou en dehors des faits. Gela est vrai même de sa théorie du mensonge. Aristote au contraire, s'il ne propose et ne résout aucun cas particulier, du moins les prévoit tous, et, avec sa justesse de vue ordinaire, indique pour les résoudre une méthode à laquelle aujourd'hui encore nous n'avons qu'à nous conformer. On devait s'y attendre. Toute la philosophie d' Aristote en effet le prédispose à la casuistique. N'est-ce pas lui qui à côté de l'universel considère l'individuel, et à qui les lois ne cachent pas les faits? Sans doute entre les lois et les faits peut exister un accord parfait. C'est ' alors le règne de la mathématique. Mais la mathématique ne règne pas partout. Tout ce qui est contingent est soustrait à ses lois rigides 2, et quoi de plus contingent que l'acte humain ? Tout ce qui est multiple ne

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