‹ Le problème moral dans l'AntiquitéChapitre 223 sur 259 · AniSTOtE, id., III · texte numérisé non relu

AniSTOtE, id., III

278 UN PROBLÈME MORAL DANS l'ANTIQUITÉ

peut être contenu dans sa simplicité *, et quoi de plus multiple que l'être humain? La morale vit de détails, comme tout ce qui est pratique*, comme tout ce qui est réel. Elle est chose vivante, régnant sur des êtres vivants. Elle doit être souple comme eux, si elle ne veut pas qu'ils lui échappent. Ses règles sont comme la règle de plomb des Lesbiens qui suit toutes les anfractuosités et tous les contours. A être inflexible , elle ne gagnerait que de ne rien régler du tout, car « des choses qui sont indéterminées, la loi aussi doit être indéterminée S),

— On le voit, Aristote pressent toutes les difficultés morales que développeront les stoïciens. Il en restreint en même temps le champ, et fait sa large part de conquêtes sur l'inconnu en morale , puisque lui-même détermine certaines lois particulières, qu'il semble bien être le premier à déterminer. De même tous ceux qui ne se sont pas bornés en morale aux abstractions de la théorie , sont plus ou moins des

Page 1