‹ Le problème moral dans l'AntiquitéChapitre 224 sur 259 · Aristote, id., V · texte numérisé non relu

Aristote, id., V

casuistes. — Mais il ne se dissimule pas que la distance, quelque effort qu'il fasse pour la rapprocher, est toujours grande entre la loi et les faits. Et alors il faut toujours que la conscience individuelle franchisse cette distance, qu'elle applique la loi aux faits *. Pour ne pas faillir, il faut donc avoir la conscience droite. Et Aristote ne se flatte pas non plus que cette rectitude soit naturelle et universelle. Elle s'acquiert. Voilà pourquoi les jeunes gens qui savent juger de l'abstrait, et qui peuvent être d'excellents mathématiciens ^ échouent devant les problèmes infiniment plus complexes de la vie réelle. Il faut pour ceux-là de l'habitude % de l'art, il faut un coup d'œil '' que l'expérience seule peut donner ^ C'est une sorte de bon»sens moral, qu'il faut distinguer du sentiment qui nous égare ". Et le meilleur moyen de se le procurer, c'est de faire le bien \ L'homme ver-

1. Cf. BouRDALOUE, Sermoïi sur la fausse conscience : « Qu'est-ce que la conscience? Le docteur angélique saint Thomas nous l'apprend en deux mots : c'est l'application que chacun se fait à soi-même de la loi de Dieu. »

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