Plutarque, Des Contr. stoïc
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excessive de la dialectique, et s'il la supprime si légèrement, c'est qu'il supprime du même coup la partie de la morale à laquelle elle se rapportait pour les stoïciens. Il y avait en effet deux parties en morale : la dogmatique, comprenant les définitions et les axiomes, et la parénétique, descendant dans les détails de la vie et donnant pour chacun d'eux un conseil ou un ordre. Ce .sont ces détails et ces ordres qui rapetissent la morale pour Ariston, et il ne veut pas que les moralistes s'abaissent jusqu'à la mesquine et banale considération des innombrables incidents de la vie *. C'est besogne de précepteur, et non de philosophe de venir dire à tout moment : P'aites ceci , ne faites point cela. Et les petits livres qu'on donne aux enfants en apprennent autant sur les mêmes devoirs que les plus doctes traités. « Les plus sublimes idées des philosophes, dit de même Chateaubriand, sont dans les réponses du catéchisme. » — Mais Chateaubriand s'est trompé comme Ariston, s'il a voulu par là faire tort aux philosophes. Car leur ambition , répond excellemment Sénèque ^ est justement d'être les pré-
1. Senèque, Lettres, 94. Toute la discussion qui suit est, le résumé de cette lettre. Voir une discussion sur le même sujet dans le Devoir de M. J. Simon.