‹ Le problème moral dans l'AntiquitéChapitre 4 sur 259 · Plutarque, id · texte numérisé non relu

Plutarque, id

8 UN PROBLÈME MORAL DANS l'aNTIQUITÉ

domine tout. Mais est-il nécessaire à sa gloire que tout au-dessous d'elle soit nivelé, et que tout ce qui n'est pas le soleil soit ténèbres? Et cependant les stoïciens nous disent que, pour être enfoncé dans la mer d'une coudée seulement au-dessous de la surface, on n'en est pas moins noyé que si l'on avait au-dessus de la tête cinq cents brasses, — ou encore : que l'aveugle qui demain recouvrera la vue est aussi bien aveugle aujourd'hui que celui qui est condamné à une perpétuelle cécité \

Tous les hommes peuvent donc être rangés en deux classes, et tous ceux qui ne sont pas sages sont fous. Il n'y a pas de milieu, et l'expression de cette doctrine en rend bien la simplicité et l'àpreté : iiàç àcpptov p.aiv£Tai ^ Voilà certes le plus paradoxal des paradoxes * stoïciens. Et comme ni Socrate, ni Antisthène, ni Diogène, ni Zenon, ni Cléanthe, ni Ghrysippe n'ont, au dire même de leurs admirateurs et de leurs disciples, mérité pleinement le nom de sages ^, il faut eux aussi les appeler fous. L'universelle

1. Plutarque, Des notio7is communes..., 10. Cf. Sénèque, Lettres, 83. Gicéron, De Fin., III, 14.

2. Diogène Laërce, VII, 124. Cf. Stobée, Ed., II, 12i. Gicéron, Tusc., III, 5, 10.

3. Ilapi&ola \ihi xaBaTtcp xa\ u KXeâvÔTjÇ k'Xcyzv, où ;j.-)iv

Ttapâ>voya. Epigtète, Diss., IV, 1.

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