JivÉNAL, Satires, II. Cf. III
2. « Dédit exemplum prœcavendi, quomodo fraudibus involulos aut flagitiis commaculatos, sic specie bonarum artium falsos el atoicilise fallaces. » Annales, XVI, 32. Voir aussi Histoires, IV, 10 el 40.
60 UN PROBLÈME MORAL DA^'S l' ANTIQUITÉ
et le défendre, et ce fut un autre philosophe. Triste exemple pour la société romaine, et qui lui venait des derniers dépositaires de son honneur, des stoïciens. Il se glissa ainsi dans cette phalange d'honnêtes gens, où se recrutaient les maîtres de la jeunesse et les conseillers de l'âge mûr, des hypocrites, dignes d'être comparés par Sénèque à ces charlatans dont les étiquettes font croire à des remèdes, mais dont les tiroirs ne contiennent que des poisons \
Le mot d'hypocrite est-il juste cependant? L'hypocrisie vraie, c'est-à-dire l'intention bien arrêtée d'en faire accroire par son attitude et son langage, serait non seulement un vice trop odieux pour être commun, mais un rôle trop difficile à soutenir pour être joué longtemps. Le malheur et l'excuse de l'homme tout à la fois, c'est qu'il entre dans son personnage au point de s'identifier avec lui, et de ne plus avoir à feindre ni à mentir. Les moins mauvais se trompent les premiers, puis trompent autrui; les pires commencent par autrui, mais finissent fatalement par eux. Je me représente sans peine un Tartufe convaincu, et d'autant plus dangereux qu'il ne risquerait plus de se