‹ Le problème moral dans l'AntiquitéChapitre 46 sur 259 · Allusion aux phallophories · texte numérisé non relu

Allusion aux phallophories

64 UN PROBLÈME MORAL DANS l'aNTIQUITÉ

méprisée, le ridicule de la superstition et de la théurgie. Pour s'approcher de la divinité, la paresse mystique * préféra des rites et des paroles magiques à la lente initiation de la pensée et aux patients efforts de la vertu. Plotin avait dit vrai : « Quiconque prétend s'élever au-dessus de la raison tombe au-dessous 2. »

La gnose n'a rien d'une secte limitée dans le temps et dans l'espace. Les tendances qu'elle résume animent la doctrine de Philon, pénètrent chez Plotin et Porphyre qui les combattent, et, avec elle, le mysticisme lutte, au sein du christianisme naissant, contre la raison représentée par les pères de l'Église, héritiers de la tradition classique. C'est ce mysticisme oriental qui devint le mysticisme des cloîtres du moyen âge, à travers une chaîne non rompue de transitions ^ Mais cet enchaînement historique nous intéresse moins que le spectacle instructif pour le moraliste des mêmes causes engendrant les mêmes effets.

Les béguards se contentent de se prêtera l'extase, et se croient, moyennant cette com-

1. Boileau a écrit « un indolent mystique » dans VEpitre SU7' l'amour de Dieu.

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