Bossuet, Instruction sur les états d'oraison, X
3. Nous ne rapprochons point sans intention ces deux expressions. Il nous semble que c'est au fond le même problème qui s'agite dans le conflit de la grâce et de la liberté, et dans le conflit du mysticisme et de la raison. Ce problème est le suivant : oui ou non, ses facultés ont-elles été données à l'homme pour qu'elles servent ou nuisent à son salut? Le Jansénisme, se servant et se défiant de la raison tout à la fois, est un mysticisme inconséquent et guindé.
■ 4. Moyen court et facile de faire l'oraison du cœur, titre d'un ouvrage de M""> Guyon.
pour s'élever à l'oraison, comme il l'était d'un moyen court pour s'élever à la perfection. Il eût déclaré la vertu inamissible \ Il eût prêché « l'acte confus et éminent », qui résume les vertus partielles ^ ou plutôt en dispense ^; car celui qui a obtenu la fin ne se sert plus des moyens *. Il eût rejeté ce que Bossuet appelle les réflexions % c'est-à-dire la raison appliquée à la vertu, comme il rejetait la dialectique. Il est à croire qu'il eût, comme les quiétistes du xvn* siècle, offensé l'orthodoxie de Bossuet par son dédain pour un symbole trop détaillé et pour des pratiques trop minutieuses ^ lAIais eût-il poussé aussi loin qu'eux son propre paradoxe de l'indifférence? Les Grecs, stoïciens du non, ne croyaient pas à l'immortalité de l'àme d'une foi assez pratique et assez forte pour que la pensée du salut devînt un élément prépondérant de la morale. Aussi leur indifî"érence est-elle limitée aux choses d'ici-bas, et encore fut-elle une utopie. Mais eussent-ils commis le sacrilège et l'absurdité de déclarer