‹ Le problème moral dans l'AntiquitéChapitre 55 sur 259 · CicÉRON, id., ni · texte numérisé non relu

CicÉRON, id., ni

76 UN PROBLÈME MORAL DANS l'aNTIQUITÉ

saire à son salut au sot qui la détient, — et il répond négativement. Il refuse même au propriétaire du vaisseau le droit de revendiquer cette précieuse planche ; car, tant qu'on est en mer, le vaisseau n'est à personne, il est à tout le monde. — Puis il complique les données du problème : deux naufragés, et qui sont deux sages, ne trouvent qu'une seule planche. Ils ne se la disputeront pas, mais ils discuteront laquelle de leurs deux existences a le plus de prix, comme s'il ne s'agissait pas d'eux, ne laissant parler ni l'intérêt personnel, ni l'instinct, mais la raison. Et si la raison ne décide rien, ils tireront au sort. — Kant lui-même ne croira pas possible un tel degré d'abnégation, et il s'abstiendra plutôt que de donner des conseils qu'il juge impuissants.

On le voit , la grandeur de l'intérêt en jeu n'est pas, aux yeux des stoïciens, une excuse pour la moindre défaillance morale Ml ne faut pas se dire : c'est une si petite faute, et un si grand bien en sortira. Rien de bien ne saurait naître du mal. — G. Marins ^ désespérait d'arriver au consulat. Envoyé à Rome par Métellus, dont il était le lieutenant, il accusa son général

Page 1