‹ Le problème moral dans l'AntiquitéChapitre 6 sur 259 · Sénèque, Lettres · texte numérisé non relu

Sénèque, Lettres

3. Sénèque, De la clémence, II, 6 et 7. Cf. Stobke, Ed., II, 190; Floril., 46-50.

4. CicÉRON, Tusc, III, cité par Juste Lipse, Manuductio ad stoïcam philosophiam, III, 19.

Ainsi affranchi des misères humaines, en ce sens au moins que, s'il les subit, il ne les sent pas, le sage est heureux, de cette joie sérieuse qu'il faut distinguer du plaisir *, joie tout intérieure % et qui n'est faite que de raison. Le sage est heureux en dépit des circonstances. Il est heureux quand il est la victime de Phalaris, et qu'enfermé dans le taureau d'airain il brûle à petit feu. « Qu'est-ce que ça me fait, dit-il, et que puis-je là contre^? » Il est heureux quand il s'appelle Régulus, et qu'il est le martyr que l'on sait d'un héroïque scrupule, aussi heureux que cet autre grand Romain, Métellus, qui acheta moins cher sa gloire et la paix de sa conscience \

Le sage est heureux et il porte en lui toutes les conditions de son bonheur; il n'a besoin de personne. Seul il sait aimer, et il n'y a jamais de vraie amitié qu'entre les sages ^ Mais il sait aussi se passer d'amis. Car il ne peut con-

1. « Res severa est verum gaudium. » Sénèquk, De la vie heweifc, 3.

2. « Hoc gaudium, de quo loquor, solidum est, et quod plus pateat introrsus. » Sénèque, Lettres, 23. Voir Juste Lipse, Manuductio ad stoïcam philosophiam, III, 5.

3. CicÉRON, Tusc, II, cité par Juste Lipse, id., III, 6. Cf. Epictète, passim.

4. « Zeno negat Metelli vilam beatiorem quam Reguli. CicÉRON, De Fin., V, cité par Juste Lipse, id., III, 6.

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