CicÉRON, De Off-., m
DE l'honnête et de l'utile 81
à nous et nous sollicitent. Nous sommes naturellement trop portés à nous affranchir de nos devoirs, et dans les profondeurs inconscientes de notre conscience tous nos mauvais instincts coalisés s'efforcent d'en ébranler les fondements. Il faut toujours craindre que le doute, qui naît en nous, ne soit le résultat de ce travail lent et secret. Douter qu'une action soit permise, c'est donc être presque sûr qu'elle ne l'est pas. Car ce doute est la dernière forme que prend en nous la tentation ; c'est la ruse suprême du mal, et comme son hypocrisie. Ce qui est juste, écrit Gicéron, brille d'un tel éclat qu'on ne peut s'y tromper. Le doute est le signe du mal. Aussi dans le doute si une chose est juste ou injuste, abstiens-toi K Et Voltaire dit à. ce propos : « Voilà la règle de tous les gens de bien, voilà le principe de toute la morale... ; on n'écrira jamais rien de plus sage, de plus vrai, de plus utile 2. »
Nous n'avons étudié jusqu'ici que les conflits de notre intérêt et de notre devoir: mais il est des cas où c'est l'intérêt d'autrui qui demande grâce, et Cicéron se montre alors plus disposé à l'indulgence et aux transactions. C'est ainsi