‹ Le problème moral dans l'AntiquitéChapitre 61 sur 259 · Voltaire, Lettres de Memmius à Cicéron · texte numérisé non relu

Voltaire, Lettres de Memmius à Cicéron

82 UN PROBLÈME MORAL DANS l' ANTIQUITÉ

qu'il plaide les circonstances atténuantes pour, les avocats qui acceptent de mauvaises causes. Il s'interdit à tout jamais d'accuser un innocent , et en général il recommande de ne pas abuser de l'accusation. Mais défendre un client, quoique coupable, pourvu que ce ne soit ni un impie, ni un sacrilège, il n'y voit point de mal, il s'en ferait presque un devoir de charité *. Cicéron est avocat, et on pourrait croire qu'il parle pro domo sica, mais il cite à l'appui de son indulgence l'opinion formelle de Panélius, et il ajoute que c'était un grave stoïcien.

Si l'intérêt d'un client, prétexte de l'intérêt personnel de l'avocat, n'en est pas moins une excuse valable pour un stoïcien, l'intérêt plus général de la patrie ou de la société légitime tout, ou peu s'en faut. — Un testament ^ vous fait héritier d'une grosse fortune, mais à condition que vous alliez danser sur la place publique en plein jour. — Renoncez, dit Cicéron, à une fortune qu'il faut ainsi acquérir, — à moins, ajoute-t-il, qu'elle ne vous permette de rendre quelque service à l'État; car il n'y a point de honte même à danser pour la patrie. — Le sage, dit-il ailleurs, se sentant mourir de

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