DE L HO^^ETE ET DE L UTILE OD
offerte, se montrer généreux envers les vaincus, et se faire, de ses ennemis, des amis ^
D'ailleurs la déclaration de guerre n'avait point supprimé tout droit et tout devoir. Gicéron fait une exception, que les temps excusaient, au sujet des pirates, contre qui toute fraude lui semble permise ^ Mais une promesse faite à un « ennemi légitime » est une promesse, et qui lie. Q. Pompée et Mancinus avaient conclu un traité avec Numance. Le sénat crut ne pouvoir recouvrer sa liberté d'action qu'en livrant aux Numantins les signataires du traité. Devant le peuple, Mancinus soutint la proposition du sénat , Pompée la combattit. « Où était, dit Gicéron, l'honneur, la probité, la bonne foi? — Avec Mancinus. » Le peuple céda aux prières de Pompée. Il avait montré plus de fermeté et plus de droiture en livrant aux Samnites Véturius et Postumius, sur le loyal conseil de Postumius luimême ^ — Dans une autre circonstance, les censeurs romains se chargèrent eux-mêmes de
1. CiCKRON, De Rep., III, 18. De O/f., I, 11, 12, 13, 23; III, 22. — Gicéron s'efforce de faire honneur au droit tecial romain de ces tempéraments ; mais il a beaucoup de peine à interpréter dans un sens pacifique le « Adversus hostem aeterna auctoritas ». De Off., I, 12.