‹ Le problème moral dans l'AntiquitéChapitre 65 sur 259 · Gicéron, De Rep., III, 13. De O/f., III · texte numérisé non relu

Gicéron, De Rep., III, 13. De O/f., III

86 UN PROBLÈME MORAL DANS l' ANTIQUITÉ

punir des soldats qui avaient violé un serment fait à Annibal *.

Mais aucun exemple ne prouve avec plus d'éclat ce que nous devons même à l'ennemi que celui de Régulus. Jamais conflit de l'utile et de l'honnêtene rendit le devoir plus difficile, la défaillance plus excusable. Point de doute sur le supplice qui attend Régulus, s'il retourne à Cartilage. Ses parents, ses amis le conjurent de rester parmi eux; et, s'il l'eût fait, il n'eût trouvé pour le blâmer que sa propre conscience. C'était trop pour lui, et il partit ^

On le voit par tous ces exemples : quand le devoir apparaît nettement, il est rare qu'un stoïcien n'ait conseillé de s'incliner et d'obéir. Mais le devoir n'a pas toujours cette netteté, et s'il l'a, il peut la perdre. C'est à la lui faire perdre que les casuistes les plus dangereux ont mis leur habileté, n'engageant point contre le devoir une lutté décisive, mais émoussant les énergies morales par des escarmouches sans

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