‹ Le problème moral dans l'AntiquitéChapitre 68 sur 259 · Voir plus haut · texte numérisé non relu

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DE l'honnête et de l'utile 89

néade n'est point un stoïcien, mais il est l'élève des stoïciens, et il disait lui-même : « s'il n'y avait point eu de Chrysippe, il n'y aurait point de Carnéade '. » On peut donc regarder ses procédés de discussion comme un exemplaire grossi de la méthode stoïcienne, et son scepticisme moral comme l'extrémité de la pente sur laquelle certains stoïciens glissaient. — Il fut uncasuiste, mais dans le mauvais sens du mot; il employa son art, et il en avait beaucoup, à mettre en contradiction et en lutte la sagesse et la justice, comptant bien que celle-ci y succomberait. Il propose les cas de conscience classiques, semble-t-il, dans le stoïcisme, de la maison insalubre, de l'esclave vicieux, ou encore du naufragé hésitant à s'emparer de la planche qui doit le sauver, et il les conclut tous par cette désespérante antinomie : ou vous agirez comme un sot, ou comme un malhonnête homme ^ — On a essayé de nos jours ^ de réhabiliter Carnéade. Il éveille, dit-on, et in-

1. DiOGÈNE Laërce, IV, 62. Cf. Plltarque, Des Conlr. stoïc, 10. Il fut aussi élève du stoïcien Diogène. Cicéron, Prem. Acad., II, 30. Sur Carnéade en général, voir, outre les textes cités plus loin : Cicéron, De Fin., II, 18. De Nat. Deo- 7'um, III, 12. De Orat., I, 11. Allc-Gelle, Nuits attiques, VI, 14, 10. Sextus Ejipikicus, Adv. Math., IX, 140. VII. lo9-165.

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