‹ Le problème moral dans l'AntiquitéChapitre 76 sur 259 · Gicéron, id., I · texte numérisé non relu

Gicéron, id., I

100 UN PROBLÈME MORAL DANS l'ANTIQUITÉ

du moins c'est une justice incomplète et mal entendue, car il y a comme quelque chose de nous qui ne nous appartient pas : nos facultés ne nous sont pas toutes données pour nous ; nous nous devons en partie; et, dans certains cas, refuser c'est prendre. — Il faut * considérer encore comme dû ce qui ne nous coûte rien à donner. De là ces proverbes : Ne disputer à personne l'eau courante. — Donner un conseil loyal à qui nous le demande. — Laisser autrui allumer son feu à notre feu. Notre flambeau, comme dit Ennius ^, ne nous en éclairera pas moins; et, puisque donner ne nous fait aucun tort, ne pas donner serait gratuitement faire tort à autrui. — Ces libéralités économes ne sont d'ailleurs qu'un minimum, et un minimum insuffisant. On a distingué la bienfaisance delà justice. Mais, pour Gicéron, la bienfaisance fait partie de la justice. 11 faut donner du sien, et il ne faut pas donner par gloriole % mais pour donner. Et par donner, Gicéron n'entend pas seulement donner de l'argent *. Payer de sa personne vaut mieux que payer de sa

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