Gicéron, id., II
bourse. — Il faut rendre ^ surtout lorsqu'on a reçu, et l'échange des bienfaits est un commerce où il faut rendre plus qu'on n'a reçu. — Mais il y a deux façons de rendre. Par l'une nous nous débarrassons comme d'une dette qui nous gêne. Cet empressement est de l'ingratitude. Craindre de devoir est outrager notre bienfaiteur. La vraie reconnaissance se plaît à devoir, et, de même, le vrai bienfaiteur est un créancier qui aime à ce qu'on lui doive. De telle sorte que lui payer comptant son bienfait, c'est contrarier ses généreux desseins, et que la meilleure façon de rendre, c'est de recevoir et de devoir avec gratitude ^ Quant à cette gratitude, il faut la proportionner à l'importance du bienfait, mais surtout à l'intention du bienfaiteur. Il est des gens ^ qui donnent au premier venu. C'est leur plaisir qu'ils cherchent plutôt que l'utilité de ceux qu'ils obligent. A ceux-là nous ne devons savoir gré que du choix qu'ils font de nous pour satisfaire leur manie.
On le voit, c'est le sentiment de la justice qui ne doit cesser de nous guider. Mais il arrive qu'entre la froide justice, et cette justice plus