‹ Le problème moral dans l'AntiquitéChapitre 78 sur 259 · CicÉKON, De Off., I, lo · texte numérisé non relu

CicÉKON, De Off., I, lo

102 UN PROBLÈME MORAL DANS l'aNTIQUIïÉ

entreprenante et moins mesurée qu'on appelle la bienfaisance, s'élèvent des conflits. Ils sont prévus et réglés. — Nous devons nous acquitter sans faire tort à personne \ sans même noiis faire tort outre mesure, car il faut être juste même envers soi '. A plus forte raison lorsqu'il s'agit de prendre l'initiative d'un bienfait. Il faut se défendre contre la partialité du cœur, et contre cette générosité emportée et inconsidérée qui nuirait à l'un pour obliger l'autre. Car c'est voler que de donner de la sorte. Il faut prendre garde aussi de rendre, par excès de condescendance, ce qui s'appelle un mauvais service. Il faut ' mesurer sa libéralité à ses moyens, et aussi au mérite de chacun ; le bienfaiteur ne doit avoir d'autres préférences que celles de la justice; un bienfait mal réparti serait un bienfait injuste, et mal faire le bien, c'est faire le mal *. Il faut enfin distinguer avec Gicéron ^ la prodigalité et la libéralité. Celle-ci a seule l'art de donner, qui est d'être juste en donnant, et d'être utile à qui on donne.

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