‹ Le problème moral dans l'AntiquitéChapitre 83 sur 259 · Aulu-Gelle, id · texte numérisé non relu

Aulu-Gelle, id

3. Plutarque, De la mauvaise honte, 6. Aulu-Gelle, Nuits attiques, I, 3.

Plutarque ^ blâme Thémistocle d'avoir dit : « Que jamais je ne siège sur un tribunal, si mes amis ne doivent gagner à ma présence! » Mais il blâme aussi Gléon, qui, arrivant au pouvoir, convoque ses amis pour rompre avec eux, et fait ainsi table rase de son passé. Il est pour Plutarque ^ des services qu'un homme d'État peut rendre dans les limites de son pouvoir et de la justice. Ceux-là, il les doit à ses amis. — Mais le même Plutarque ne renonce pas à l'idéal péripatéticien et stoïcien de l'amitié entre gens vertueux, la seule vraie amitié. Il ^ distingue le flatteur de l'ami à ce que celui -là nous suit même dans le mal, celui-ci osant nous retenir et nous combattre. Car l'amitié dans le mal n'est pas de l'amitié, c'est de la bassesse, et, cessant d'être un devoir, elle est une faute.

La pensée de Gicéron suit les mêmes oscillations. Dans le traité des Devoirs * il recommande de sacrifier aux intérêts de notre ami tous nos intérêts, mais rien de plus. Le juge peut souhaiter que le bon droit soit pour son ami, mais sa partialité ne doit pas aller au delà

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