‹ Le problème moral dans l'AntiquitéChapitre 84 sur 259 · Gicéron, De Off., III · texte numérisé non relu

Gicéron, De Off., III

110 UN PROBLÈME MORAL DANS l'aNTIQUITÉ

de ce souhait. Agir autrement ne serait pas de l'amitié, mais de la complicité '. — Cependant, dans son Lélius, Gicéron, pour sauver la tête ou l'honneur d'un ami, consentirait à s'écarter, quoique prudemment, du droit chemin ^ Il pense qu'un ami vaut bien une légère faute. Un disciple , disciple inconstant , il est vrai , d'Épictète, Favorinus, conseille de même d'apporter au devoir quelque tempérament en faveur de l'amitié ^ — Il semble donc que l'antiquité stoïcienne, fanatique de justice, ait poussé le culte de l'amitié jusqu'au point de pas sacrifier pleinement celle-ci à celle-là.

La troisième vertu dont nous entretienne Gicéron est la force d'àme. G'est la vertu virile par excellence *, et il n'est pas de reproche plus sanglant que de dire d'un homme qu'il a le cœur d'une femme. G'est aussi la vertu qui a le plus de brillant et de séductions. G'est enfin de toutes les vertus la plus vraiment romaine. —

1. Gicéron, De Off., \\\, 10. « Nam, si omnia facienda sint, quae amici velint, non amicitiee taies, sed conjurationes putandae sint. »

2. Gicéron, De Amie, il.... « ut etiam si qua fortuna accident ut minus justœ amicorum voluntates adjuvandae sint, in quibus eorum aut caput agatur aut fama, deciinanduni de via est, modo ne summa turpitudo sequatur; est enim quatenus amicitiee dari venia possit. »

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