‹ Le problème moral dans l'AntiquitéChapitre 85 sur 259 · Gicéron, De Off., I · texte numérisé non relu

Gicéron, De Off., I

Mais Ml y a deux façons d'être fort. On est fort contre les autres hommes, ou contre ses propres passions, contre les préjugés, contre l'opinion, tyrannies occultes, les plus lourdes de toutes. Est-il besoin de dire que la vraie force est celle qui nous donne la vraie liberté ? La première dégénère vite en amour du pouvoir et de la gloire , et pour commander aux autres hommes, nous cessons de nous commander à nous-mêmes. — Une autre antithèse ^ vieille comme la morale, et qui durera autant qu'elle, est celle du courage civil et du courage militaire. On sait les préférences de Gicéron, et son célèbre cédant arma togse. Il ne faut pas se laisser éblouir, pense-t-il, par l'éclat des armes, et il faut mettre avant les services d'exception et les mérites d'un jour les services et les mérites qui durent. — De même que c'est un préjugé commun de préférer la valeur guerrière au civisme, c'en est un autre de prendre les avis violents et téméraires pour plus braves que les conseils calmes et réfléchis, et de confondre ainsi courage et emportement ^ On recherche l'effet dramatique du courage plus que le courage

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