‹ Le problème moral dans l'AntiquitéChapitre 87 sur 259 · Gicéron, frf · texte numérisé non relu

Gicéron, frf

effet, semble-t-il, sous cet aspect peu flatteur que certaines imaginations se les représentent, et c'est tromper leur attente que de ne pas leur montrer, sous le nom de philosophe, un personnage ridicule. On prend ainsi pour un noble dédain des choses d'ici-bas une coupable négligence, — ou bien peut-être se venge-t-on secrètement de la supériorité intellectuelle en la condamnant à se loger dans un corps mal fait et mal vêtu. — Mais tous les philosophes n'ont pas accepté cet arrêt, n'ayant ni le privilège de la laideur, ni le courage de la malpropreté. Gicéron * distingue la beauté de l'homme et la beauté de la femme. Celle-ci est la grâce, celle-là la dignité; et de la dignité le sage ne doit jamais se départir. Tout ce qui est recherche , afféterie , sied mal à l'homme ; mais, dans ces limites, il doit se préoccuper de la dignité et de la convenance. Ni trop, ni trop peu, voilà la mesure difficile à garder. — A cet idéal modéré s'oppose celui de Musonius. Musonius ^ a conservé la superstition de la barbe et du manteau ; il veut aussi que ses disciples laissent croître leurs cheveux. Et il leur recom-

1. Gicéron, De Off., I, 36. Cf. Séxèqce, Lettres, 14. « Il y a autant de faiblesse à fuir la mode qu'à l'affecter. Un philosophe se laisse habiller par son tailleur. » (La Brcyère.)

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