Epictète, Diss.y IV
Nous avons vu jusqu'ici à quelles difficultés donne lieu chacune des quatre vertus considérée à part. Il nous faut étudier maintenant les conflits de ces quatre ordres de devoirs entre eux. Peut-être l'avons-nous déjà fait malgré nous. Car toutes les vertus se mêlent, et tous les devoirs. Peut-être dans l'imbroglio des cas déjà cités la science luttait-elle déjà contre la justice et la force contre la bienséance. La complexité des faits moraux est rebelle à toute classification rigoureuse, et il arrive que la vérité brise les cadres trop étroits où on l'enserre. Quoi qu'il en soit, c'est aux conflits les plus larges qu'il nous faut maintenant en venir.
Gicéron * nous avertit qu'il parle ici en son propre nom. Il est d'ailleurs fort bref, et se contente de comparera la justice les autres vertus. Si l'amour de la vérité entre en conflit avec les devoirs de justice, c'est ceux-ci qu'il faut préférer. Et voici la démonstration : le sage, à qui rien ne manquerait d'ailleurs, ne peut vivre dans la solitude. Il a besoin, comme tous, de la société des hommes. La société et la justice, sa sauvegarde, sont donc plus indispensables que la sagesse. Donc un savant ^ n'hésitera pas