‹ Le problème moral dans l'AntiquitéChapitre 90 sur 259 · CicÉRON, id., I · texte numérisé non relu

CicÉRON, id., I

116 UN PROBLÈME MORAL DANS l' ANTIQUITÉ

entre le problème dont il va saisir la solution, et sa patrie en danger, ou son père, ou son ami. La vertu est active * ; la pensée est luxe et loisir. Gicéron se dit*, il est vrai, que la pensée mène à l'action, qu'elle y mène ceux qui pensent, et aussi les autres. Car les penseurs forment les hommes d'État, et ont ainsi des droits sur leur gloire. Ils les forment par leurs leçons, et par leurs livres qui éternisent leur influence. Mais, malgré ces réserves, dans la comparaison de la vie active et de la vie contemplative, c'est à celle-là que Gicéron, faisant peut-être violence à son propre goût, donne la supériorité. — G'est la justice encore qui l'emporte sur la force d'àme. Gar celle-ci, sans celle-là, ne serait qu'orgueil et brutalité ".

Science et force sont des devoirs personnels, le devoir plus étendu de la justice est aussi plus élevé. Gicéron obéit à un autre principe lorsqu'il compare les devoirs de bienséance à ceux de justice. Gar à ceux-ci, même les plus urgents, il préfère quelques-uns de ceux-là. On se souvient qu'il autorisait le sage à oublier un peu de sa dignité et à danser par patriotisme. Mais,

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