‹ Le problème morocain et la Banque d'état du Maroc [microform]Chapitre 15 sur 56 · LA BAN(2UE D ETAT FHAN(;A1SE · texte numérisé non relu

LA BAN(2UE D ETAT FHAN(;A1SE

Üneattacjue contre le Cdiérif rassemblerait autour de lui. p(jur le défendre, ces mêmes tril>us (pii expulsent ses moklizani et hàtonnent ses ])ercepteurs. La capture du Sultan ne livrerait aucun avantage appréciable, lln'cnest [>as de ce Maroc comme d'un pa\s u turtpiifié a. Mettre la main sur le Chérif ne serait pas, comme à Tunis, comme au Caire, mettre la main sur l’Kinpire. Ce serait seulement clore une conquête nominale, s’avancer jusiju'au seuil de la com|uêlc réelle. — Par contre, et surtout dejiuis (pie le Sultan, [)ar ses imprudences, a appelé sur lui la mauvaise fortune, son empire est ouvert à la « pénétration paciti- (pic ».Toul aus.si incapable à lui seul de lever les im[)(Ms (pie de vaincre lîou-Hamara, Abd-el-Aziz implore des instructeurs [)our ses mehalla, des [irêleurs pour son Trésor. A le secourir contre ses ennemis, à le faire vivre malgré ses caïds, la France ne gagnera-t-clle pas, outre sa gratitude, l’accès de son armée, de son administration ? [dus encore, la faculté d accroître la puissance du Chérif et de se [)ré[)arer, par Funilication du Maroc sous son chef séculaire, un pays oi'donné et un peuple docile :*

c( C’est à nous maintenant, en nous gardant de tout entrainement, en tenant compte des expériences faites ailleurs, en nous montrant les meilleurs amis du Maroc parce que les plus intéressés à sa prospérité, de poursuivre avec mélhode, avec esprit de suite, sans efforts et sans sacrifices inutiles, racbèvement de notre œuvre civilisatrice qui fortifiera singulièrement la puissance fran-

LES ORIGINES DE LA RANQUK d’ÉTAT

çaise sans léser les droits acquis personne, et qui, ilnalemenf, sera un bénéfice pour tout le monde (1). »

\iiisi j^arle, le 12 jnirï, M Dclcassé, s’adressant aux ambassadeurs de la République. L'Iiommc d'Elal et les financiers se rencontrent. Les uns par intérêt, l’autre par [)olili({ue, ils se li'ouvent tous conduits à envisager sous les memes especes rinlervenUon française au Maroc.

Sur les avantages île la création d’une Ibinque d'Etat, le consortium et le ministre soni d'accord. Mais ils dilTérent d'a\is sur la date à choisir pour engager les pourparlers.Les financiers sont peu disposés à attendre. Puisque les bénéfices i[ue la France, le gouvernement, le Sultan et les banques retireront d'un pareil établissement, sont manifestes, à quoi bon ajourner le temps des négociations P Le moment est favorable; esl-on sur que, plus tard, les circonstances n’auront pas changé La faveur du Makbzen est chose fragile. Il a coutume d’opposer l'une à Fautre les puissances qui se dispulmit son amitié. N'a-l-il pas conclu ses trois emprunts antérieurs avec des établissements <le trois pays, France, Angleterre et Espagne ? Ne chercbera-t-il [)as, quand le besoin le pressera de nouveau, à s'accoi'der avec un autre consortium, à éluder toujours la concession de la Rauque P Le ministre allègue la déclaration franco-anglaise. Mais cet acte n’engage ipic

(1) Accords conclus entre la France et l'Anylelerre. Dépêche aux ambassadeurs, p. Iü-i6. Cf. Livre jaune, 100l-190o, lîiiet to6.

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