‹ Le problème morocain et la Banque d'état du Maroc [microform]Chapitre 35 sur 56 · LA BANQUE LEVANT LE LAL.LEMENT · texte numérisé non relu

LA BANQUE LEVANT LE LAL.LEMENT

du conseil. Comme l'expliipie M. Long, il est probable (pie c’est seulement pour parer à l’absence pi'ocbaine des membres du corps di[)loniatique dans ces divers (.omile.'-, (pie l’Allemagne a demandé ([non y fît nommer, a liour de i(Me, les directeurs cl sous-directeurs de Tanger, sans se dissimuler que l exécution de cette clause n infirmerait en rien la majorité (ie la France, même si c’était le délégué allemand ipii fût choisi. Dans la vérité, apri'S comme avant la Convention, grâce <à tous les laits (pic nous avons minutieusement analysés au cours de ce livre, les allribulions de la banque et son fonctionnement ne constituent aucun péril pour le pouvoir de la fiance. Laijuestion ne se ]ioserail ipie si à (a HaiKjiie (‘lle-mèmc étaient confiées des fonctions actives. Mais il serait étrange que l’on s’avisât d’agrandir les pouvoirs de la bampie, avant ipie les mouvements d’actions — ces mouvements ([ue niait M. Coebin et (pii ont déjà commencé — n’aient donné tous leurs résultats. A la bampie partagiîe entre les puissances convient parfaitement sa condition actuelle, sans danger pour notre protectorat ; il est manifeste ([u’unc antre pourra, devra même être conférée à la banque, internationale encore, mais où la prépondérance de la fiance s appuiera sur la possession du jilus grand nombre d’actions et du plus o-rand nombre d’admiiiislraleurs.

CONCLLSION

11 nous est mainteiKUit possible de voir ueüement l'évolulion de la banque d'Etat du Maroc, et la i)lacc (lu'clle occupe dans le problème maiocaiii. ^ous tenons en ellet le commencement et la lin, sinon de toute son histoire, au moins de la première partie de sa can ière.

La pauvreté du Maroc vient d’une condition politique qui réduit à rien ses richesses naturelles. La faiblesse du gouvernement dépend elle-même de ses linances. La misère du pouvoir nourrit la misère du pays. C’est donc le problème linancier qui est au centre du j)roblème marocain. Pas d'argent, c'est l’armée qui se désorganise, l’autorité qui se décompose. Les finances solides, au contraire, c’est l’armée qui se reconstitue, l'autorité qui s’installe. L’exercice du pouvoir, donc la mise en œuvre du Maroc par l’établissement de l’ordre, la certitude de la sécurité, appartiemlra à la richesse.

Adb-el-,\ziz, gaspillant ses revenus, jierdant les impôts anciens sans en instaurer de nouveaux, accule la monarchie à la banqueroute. La France, par l’emprunt de 1904, le sauve de l’abîme. En même temps qu’elle se ménage le

CONCLUSION

contrôle Cl radminislralioii (les douanes, elle propose an

Sultan la erc'ation d'un élablisseincnt (pii lui pennelira de refondre sa puissance. Le Sultan accepte. La iror-ianisalion des linanccs marocaines va se faire, jiar une liampic d'Etat, an proütdn Maroc, sans doute, mais aussi au profil de la France, seule entre tontes les puissances

europécïincs.

Soudainement, et clioisissant riieurc où un relus iii(3dnclibleesl impossible à la France, f Ulcmagne .:‘lève des protestations. Le Makbzcn appuie sur elle sa haine des n'formes. Du concours des convoitises et des intransi -

rreances, sort la convocation d'une Confcrence inlernationale. a]iiw\6e à d(51ib(:>rer sur l'organisation des réformes et parlicnlicremcnt sur la réforme génératrice de toutes les autres, la réforme linancière.

La BaiKiue, fondée par la Conférence, est partagée entre toutes les puissances; mais ses altribnlions. contre r Ulcmagne et pour la l'i aiicc, sont réduites à un simple concours financier, sons le couvert dminel ne sont permises, à aucun syndical de puissances, de menées hostiles à la France ; cependant (lue la l'rance se ménage une pari d'action et un nombre d’adininislratenrs trois fois sniié-

rieurs à ceux de toute autre puissance.

La majo.ité nous est acipiise, et la liampic en use pour favoriser, dans la limite de scs moyens, notre innueiice au Maroc. Le protectorat trouve donc, sans doute, une Bamiue internationale, mais désarmée, et sur le point de se laisser muer en inslilntion délibérément française. Il

CONCLUSION

est inrMne permis d'augurer riieure où son év(jlution [)i’ofonde permettra à l'Etal prolrrlear d'agrandir ses attributions non seulement sans péril pour lui- même, mais encore au prolil d(‘ ses intérêts.

\insi, la Banque lEEtat du Maroc apparaît comme une institution singulière, sans pareille, particulière a la lois au Maroc et au concours des circonstances (pii 1 ont vue f(^nd('r. Elle ne peut être c<3mparéeau\ Bampies coloniales françaises, celles-ci se sont créées sans aucune interveulion de l'Etirope, et ne sont ([ue des inslitulious [>rivé('s. De même [)Our la Bamtue lm|U‘ria!e ottomane. — Beut-on dès lors la considérer comme une préface a rorganisalion nouvelle des paysnetifs? Beat on croire (pxe la mise en teuvn* des pavs jusipi ici indépendants, si^ra ])onrsui\ie par des [irocédés internationaux, sous 1 In'gemonie politi- ([ue du pays h* plus inléi'cssé .* Nc>us n en croyons ric'u. La liaison des choses politi(pies et des choses linancitMcs i*st li‘0|) profonde, pour que l'on puisse imaginer (‘omme vial)le, une organisation où la préiiondérance politi(piecl la direction Hnancièri^ seraient dissociées. V un protectijrat, quel (pi'il soit, doit corresiiondre une Bampie d'Etat appartenant au pays protecteur, E'égalilé économiipie n a rien a voii‘ avec l’égale participation dans la direction linancière. La logixiue des choses le ])roiive, (pii a tiansloi'iné, par l'intérieur, la Banque internationale du Maroc. V ('.eux donc qui seraient tentés de considérer la Bampie du Maroc, telle qu'elle a été édifiée sur les plans d'Algésiras, comme une (cuvre méritoire, comme un exemple à sui-

CONCLUSION

Le Présitlenl de la Uièse

A. MÉRIGNIIAC.

Le Doyen HAURIOU

ANNFAKS

EMPRUNT 5 0/0 1904 DU GOUVERNEMENT IMPÉRIAL DU MAROC GAGÉ PAR LE PRODUIT DES DOUANES DES

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