‹ Le problème religieux au XIXe siècleChapitre 2 sur 26 · VI PREFACE · texte numérisé non relu

VI PREFACE

bole et du mythe, Theure est arrivée où elles vont briller d'un éclat inconnu pour diriger la marche de THumanité vers son principe qui est aussi sa fin dernière, nous voulons dire vers l'Infini.

D'instinctive, de passive, d irraisonnée, la Foi va se transformer de plus en plus en une certitude réfléchie^ déductive et scientifique : de sentiment elle va devenir connaissance, et cela sans rien perdre de son principe essentiel, qura sa base dans la Conscience et la Raison humaines.

De telle sorte que si le mot de Saint-Anselme « Fides quœrem intellectum » était, à Tépoque où il fut prononcé, comme la synthèse d'une espérance réalisable, cette espérance nous apparaît aujourd'hui comme une sublime* réalité dans l'union de ces deux tendances de l'esprit humain qu'on appelle la Religion et la Philosophie.

« On fera Vexpérience de Dieu », nous a dit un des plus glorieux précurseurs de l'évolution nouvelle : celte expérience commence, nous affirme un des penseurs les plus profonds de notre temps. Gratry et Alaux se rencontrent pour crier au monde cette vérité fondamentale et pour hâter le progrès humain vers le but de son perfectionnement.

Si l'œuvre de réconciliation de l'esprit philosophique et de l'esprit religieux^ si cette alliance prétendue chimérique de la Raison et de la Foi a été poursuivie par Gratry avec toute la puissance de son zèle d'apôtre, toutes les séductions de son âme poétique et tendre, toutes les audaces de son génie précuseur, tous les entraînements de son argumentation de voyant, cette œuvre capitale se renouvelle aujourd'hui sous nos yeux, par les efforts d'une phalange d'hommes d'action et dépensée, au pre-

Page 1