VIII PRÉFACE
-Les instincts religieux^ c'est-à-dire l'élan des âmes vers leur Cause éternelle, ont donc toujours précédé la connaissance réfléchie de cette même Cause.
Ainsi la sensation de la lumière précède la connaissance des lois de Toptique en vertu desquelles ce que nous appelons lumière produit une action sur Torgane sensible à son influence.
En efiet, l'œil du simple est aussi bien impressionné par les rayons du soleil que celui du savant dont l'observation raisonnée a sondé la nature de l'astre lumineux et pénétré les merveilles de son organisation; mais de toute nécessité la lumière est antérieure à la constatation des lois physiques qui la manifestent.
Ainsi de la Religion et de la Philosophie, ainsi de la Foi et de la Science.
Nous sommes directement éclairés, c'est l'instinct religieux; nous voulons décomposer cette lumière pour en connaître la cause originelle, c'est la Science expérimentale.
Mais cette Science n'est pas plus opposée à la Foi, cette Philosophie à la Religion^ que la connaissance des lois de l'optique ne peut être opposée à la lumière elle-même. Car la Foi, comme ledit admirablement St-Paul, est la substance de tout ce que nous espérons et la certitude de ce que nous ne voyons pas (1).
C'est pourquoi toute séparation radicale, tout parallélisme hostile, ne sont plus soutenables en matière de Science et de Foi. La Religion et la Philosophie sont seulement deux aspects d'un même être, deux faces d'une même aspiration, la recherche de Dieu.
Aussi, comme le démontre excellemment dans ce
;i) Hébr., II, 1.