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cenles eos Sservare omnia quæcumque mandari vobis (Matth., XAXVIIE, 19, 20), ils enseignérent, à la vérité, que l'Église a le droit exclusif, autant que le devoir rigoureux, de procurer l'éducation religieuse à tous les enfants baptisés (bien que. pour éviter de plus grands maux, ordinairement elle n'use pas de ce droit à l'égard des enfants baptisés protestants). Convaincus également de la valeur logique du principe suivant : quiconque : droit à une fin a aussi le droit ou bien d'employer les moyens qui en favorisent l'obtention, où bien d'écarter ceux qui emp{ -at de l'atteindre, ik attribuèrent encore à l'É sise le pouvoir de contrôler indirectement l'instruction profane de le ieunesse, en tant que celle-ci constitue soit un apport, soit une entrave au progrès de l'instruction religieuse. Mais là se bornèrent leurs réclamations en faveur de l'Église, En vertu de ces principes et sous un tel régime, les pt rents et l'État peuvent done se partager le contrôle de l'instruction profane et l'exercer librement, pourvu toujours que ce soit avec un esprit de respectueuse subordination à l'Église, en tout ce qui intéresse la foi et la morale.
Citons ici Mgr Sauvé qui expose admirablement ce point de la doctrine catholique: “ L'Église a seule le droit propre d'enseigner la doctrine atholique, c’est-à-dire les vérités révélées dont il a plu au Christ de lui confier le dépôt, l'interprétation et la défense.
“L'Église... est par 1à même investie, indirectement du moins, du droit d'enseigner les sciences et les lettres en tant qu’elles sont nécessaires ou utiles à la connaissance et à la pratique de la doctrine catholique, qu'elles peuvent contribuer à l'honneur, à l'exaltation de l'Épouse du Christ, et qu’elles favorisent les intérêts spirituels de la société chrétienne en général et de ses membres en particulier.
Par conséquent, ‘‘les écoles, collèges et institutions quelconques doivent être soumis à la puissance ecclésiastique non seulement quant à l'enseignement religieux, mais encore quant à l'enseignement des sciences et des lettres profanes, avec cette différence pourtant que l'enscignement religieux dépend directement de l'Église, et ne dépend que d'elle, tandis que lenseignement profane, soumis directement à l'autorité civile ou domestique, ne relève qu'indirectement de l'Église au point de vue de la foi et des mœurs; ee qui revient à dire que l'Église a le droit de veiller à ce que l'enseignement d'une science où d'un art quelconque ne préjudicie en rien à a foi, aux moeurs où au salut des âmes dont elle a la garde.7®
En limitant ainsi sa part d'influence dans l'œuvre de l'éducation, l'Église donne une nouvelle preuve de <a sagesse, de <a modération et de son traditionnel respect des droits établis.
Où Mer Sauvé: Questions rel. et sor., édit. 1SSS, pp. 239, 240,
(2) Mgr Sauvé: Questions religieuses et sociales, p. 291.
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TE Le TANT
LE PROBLÈME SCOLAIRE 1bÿ
Les partisans de l'étatisme <e montrèrent plus égoïstes et plus accapareurs.
Une erreur fort répandue dans les deux mondes, —- c'est, dit-on, un des articles du symbole maçonnique, promulgué sous différentes formules dans tous les pays, -- consiste à croire que l'État est le premier et principal obligé à l'instruction des enfants, le grand ct seul dépositaire des droits sur l'éducation.
“Comme on ne laisse pas la raison de chaque homme unique arbitre de «es devoirs, on doit d'autant moins abandonner aux lumières et aux préjugés des pères l'éducation des enfants qu'elle importe à l'État encore plus qu'aux pères... Ainsi l'éducation publique, dans les règles prescrites par le gouvernement et sous des magistrats établis par le souverain, est une des maximes fondamentales du gouvernement populaire et légitime.”
C'est Jean-Jacques Rousseau, le grand thcotieicu, qui parle de la sorte dans son ‘Discours
ne
(D Parlant de la franc-maçonnerie, Léon NII définit ainsi le but qu'elle poursuit à l'école: “La secte concentre aussi toutes ses énergies et tous ses efforts pour s'emparer de l'éducation de la jeunesse. Les francs-maçons espèrent qu'ils pourront aisément former, d'après leurs idées, cet âge si tendre, et en plier la flexibiité dans le sens qu'ils voudront, rien ne devant être plus efficace pour préparer à la société civile une race de citoyens telle qu'ils rêvent de la lui donner. C'est pour cela que, dans l'éducation et l'instruction des enfants, ils ne veulent tolérer les ministres de l'Église, ni comme surveillants, ni Comme professeurs. Déjà, dans plusieurs pays, ils ont réussi à faire confier exclusivement à des laïques l'éducation de la jeunesse, aussi bien qu'à proscrire totalement de l'enseignement de la morale les grands et saints devoirs qui unissent l'honime à Dieu." (Eneve. Humannm yenus, Vol. 1. p. 241.)
sur l’économie politique.” Et les disciples, les chefs de la Révolution française, de répéter, en l'aggravant, la leçon du maître: ‘Les enfants appartiennent à la République avant d'appartenir à leurs parents.” (Danton) — “La patrie seule a le droit d'élever ses enfants.” (Robespierre).
La conclusion de ces principes ne devait pas se faire attendre longtemps. ‘Il faut, disait Le Bon, remplacer ies pères et mères par une éducation commune obligée.” Et Victor Cousin de prétendre à son tour: “Les parents ne sont que les suppléants de l'État.”
Plus tard, en 1S66, apparut en France la ‘ligue de l'Enseignement,” dont le but avoué fut de combattre l'enseignement catholique et de propager l'école neutre de l'État:® dont le programme fut la trilogie émancipatrice: gratuité, obligation et laïcité de l’enseignement, spécialement de l'enseignement primaire. ® Une telle action éducatrice, au dire même du propre fondateur de la Ligue, était une œuvre essentiellement maçonnique.# Ce qui faisait dire à Albert de Mun: “La Ligue de l'enseignement, l'une des manifestations les phis puissantes de l'esprit frane-maçonnique, à eu, comme vous le dites, une part immense dans l'entreprise de
(D Voir Duballet: Fam. Eg. Et. dans Educ., p. 200. (2) Jean Macé: Les orirines de la Ligue, p. 339. (3) Voir J. de Moussac: Hist. de la Ligue, p. 127.
(4) Jean Macé cité nar Henri Bernard dans La Ligue de l'Enseignement; p. #0.
déchristianisation, dont notre législation scolaire a été et demeure le redoutable instrument.’
Quand le droit de l'Église est ainsi méconnu, le droit des parents ne reste Jamais respecté. En fait, la plupart des étatistes, formés par la Ligue de l’enseignement, s'ils consentent à laisser les enfants sous la garde de leurs parents jusqu'au moment où il s'agira de travailler à leur ‘ormation intellectuelle et morale, professent irréductiblement que l'éducation proprement dite est une fonction exclusive de l’État 2 Dans l'opinion de ces statolâtres, remarqu Duballet, ‘l’enseignement n’est autre chose qu'une appartenance de l'État. C’est une fonction publique et sociale au même titre que la magistrature, en sorte qu'il faut pour enseigner une délégation de l'État tout romme, pour exercer la justice, il est nécessaire d'un mandat de l'autorité civile. L'État, dès lors, possède seul le droit absolu et exclus:f d'ouvrir des écoles et d’enseigner. Les individus, les familles, l'Église ellemême ne le peuvent qu'avec une autorisation qu'il peut encore et toujours limiter à sa guise. "®
Nous aussi, Canadiens-français, nous avons eu notre ‘Ligue de l'enseignement”, fille na-
(1) Lettre adressée À M. Henri Bernard, à propos de son livre sur “La Ligue de l'Enseignement,’ le 18 janvier 1904.
(2) Voir R. P. Pègues: Des droits de l'Etat en matière d'enseignement, dans la Rev. Thom. de 1906, p. 445.
(3) Duballet: Fam. Egl. Et. dans Edur... pp. 198. 210
turelle de la Ligue française, née à Montréal le 9 octobre 1902:% et la fille, comme la mère, se denna pour mission d’implanter et de pro-
pager, — oh! avec beaucoup de circonspection, mais avec ur zèle de jeune prosélyte, — le ré-
gime de l'école gratuite, obligatoire et laïque; le régime de l'école neutre de l'État.
Jusqu'ici, cepeadant, disons-le à la louange de nos hommes d'État canadiens-français, les tentatives maçonniques n’ont pu altérer le système d'enseignement de la province de Québec.
La province protestante de l'Ontario eut un sort bien différent. Dès 1846, le Dr Ryerson, Surintendant de l'éducation, ouvrait une eampagne vigoureuse en faveur du système des écoles gratuites. La mesure pouvait-elle être défendue en elle-même”? On sait qu'il y a làdessus diverses opinions. Dans ce cas, elle était prêchée et sollicitée au nom de deux principes qui la rendaient absolument inacceptable. ® Le premier de ces principes repose sur une fausse conception des exigences de l’homme pour atteindre sa fin et s'énonce ainsi: “L'enfant a un droit
(1) Voir Henri Bernard: La Ligue de l'isnseignement, pp. 1, 3.
(2) “L'instruction est une charge d'État”, telle est la déclaration formelle que la Ligue faisait dans la préface de son manifeste. (Voir H. Bernard: La Ligue de l'Enseignement, pp. 70, 73, 74.)
(3) ‘‘La gratuité est un des anneaux de la chaîne forgée par les sectes pour étouffer la foi chrét‘enne et assujettir à leurs doctrines l'esprit de l'enfant. Fâût-elle en elle-même <bsolument inoffensive que son alliance avec la neutralité, la laïcité et la contrainte scolaires serait suffisante pour nous la rendre suspecte et nous engager à la rejeter Comme un présent funeste. Elle a l'apparence d'un don; elle est, en réalité, un piège tendu aux familles chrétiennes. (Mer Pâquet: Egl. & Educ., p. 250.)
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