‹ Le problème scolaire étudié dans ses principes [microforme]Chapitre 18 sur 35 · ESC ETC CET · texte numérisé non relu

ESC ETC CET

Bliss scncis-cur om

Si l’on se contentait d’assigner une place quelconque à l’enseignement religieux dans l'éducation de la jeunesse, si l’on ne se souciait pas de pénétrer complètement celle-ci des impressions et des habitudes religieuses, comment pourrait-on se flatter d’avoir rempli tout son devoir envers Dieu? La religion n’est pas une étude ou un exercice auquel on assigne son lieu et son heure, c’est une loi: une loi qui doit se faire sentir constamment et partout, et qui n’exerce qu’à ce prix sur l’âme et sur la vie toute sa salutaire action.

Mais la raison j fonde de cette inséparabilité se tire de l’unité de la personne humaine. Nous ne pouvons scinder l’homme en aeux: nous ne pouvons mettre d'un côté son intelligence, de l’autre sa volonté: ces deux facultés, bien que distinctes, sont toutes les deux constitutives de l'être humain; elles sont en quelque sorte une seule et même âme, ou du moins elles mêlent si intimement leur vie dans la parfaite unité de l'âme, elles s'unissent, se compénètrent, se complètent si entièrement que l’une ne saurait agir sans communiquer quelque mouvement à l’autre, ni se développer sans produire dans l’autre un progrès analogue.(1)

(D Ratio intrinseca hujus inseparabilitatis, in Casu, consistit in ipsa unitate personæ humanæ, in qua harmonice evolvi debent facultates: et quoniam pars essentialis est pars moralis, bine, in prima evolutione quæ omnibus necessaria est, primum locum tenere debet: si autem in schola pueri tantum audiant quæ ad mentis in civilibus institutionem referuntur, cum magni ea faciant quæ in scholis accipiunt, facile putant hominis nobilitatem in iis consistere et far:le cetera spernunt. (Cavagnis: Inst. J. p. Ecc., P. xp. L. ILr 24)

L'enfant et le jeune homme sont tout particulièrement sensibles à cette économie intime de nos facultés, et se défendent difficilement de la répercussion mutuelle de leurs activités.® Tel est, en effet, le caractère de cet âge, que l’âme subit complètement toute influence extérieure, soit positive soit négative. L'esprit curieux de l’enfant est ému tout autant du silence du maître que de ses paroles: parfois même le silence devient plus éloquent que les paroles. Ki le maître se contente d'enseigner uniquement les vérités spéculatives et naturelles, et garde un profond silence par rapport aux vérités religieuses et morales, l'enfant sera tiséinent cunené à croire que la religion n'existe pas où du moins qu'il faut n'en tenir aucun compte. ®?

#Tl importe souveruinement, dit Léon XIIT, que les enfants nés de parents chrétiens soient, de bonne heure, instruits des préceptes de la foi, et que l'instruction religieuse s'unisse à l'éducation par laquelle on a coutume de préparer l'homme et de le former dans le premier âge. Séparer l’une de l'autre, c'est vouloir, en réalité, que, lorsqu'il s'agit des devoirs envers Dieu, l'enfant reste neutre: système mensonger, svstème par-dessus tout désastreux dans un âge aussi tendre, puisqu'il

(D ‘S'il est vrai qu'à aucune époque de la vie privée où publique, on ne peut s exempter de la religion, il n'en est point d'où ce devoir doive être moins écarté que ce premier âge où la sagesse fait défaut, où l'esprit est ardent et le cœur exposé à tant d'attrayantes causes de corruption. L'on ne doit donc pas se persuader que l'instruction et la piété puissent être séparées impunément." (Léon XII: Encye, Miitantis Écclesiæ, Vol, 5, p. 199.)

(2) Duballet: f'am., Egl., Et. dans Edur., p. 21.

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