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genres divers et les formes multiples. Cette rapide esquisse nous permettra en même temps de nous renseigner sur les différentes sortes d'écoles dont il sera parlé au cours de cette étude.
L'école, c'est ie lieu où se donne l'enseignement et où se parfait l'éducation. En général, on identifie l’école avec l'enseignement ou l'éducation. C’est ainsi que le mot école désigne ce qui forme le cœur, ce qui développe l'intelligence de quelqu'un, l’instruit de ce qu’il doit savoir, le dresse à ce qu’il doit faire. Il y à done autant d'écoles qu'il v à de genres et de formes d'éducation.
Or, l'éducation, qui a pour but général la formation de l'homme et pour moyens essentiels l'instruction et l'éducation morale, est très variée en ses genres, en ses formes, en ses progrès. Dans l'unité simple et profonde qui la constitue, elle subit des conuitions de temps, de lieu, de méthode: elle prend différents caractères, selon les divers âges, selon les diverses natures, selon les divers états de celui qu'elle doit former.
[Il a été écrit sur ce sujet quelques fragments admirables, où même d'amples traités; mais les définitions exactes, les idées pr'mordiales ont smgulièrement besoin d'être rappelées où mises en lumière. Nous empruntons celles qui suivent, en grande partie, au livre de Mgr Dupanloup(? sur “l'Éducation,” qui se recommande par ses belles qualités de justesse, de précision et de clarté.
OÙ Mer Dupanloup: L'Education, Vol. 1, pp. 23 et suivantes.
L'utilité de ces détails techniques n'échappera à personne.
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L'éducation accompagne l'homme pendant les vingt premières années de sa vie. Pendant ce temps, l'homme subit, par la marche successive de la nature, diverses phases de développement physique, intellectuel et moral: l'éducation doit les suivre: elle se partage donc naturellement en trois périodes, ou en trois sortes d'éducations progressives: L'éducation maternelle, l'éducation primaire, l'éducation secondaire.
Outre ces conditicns de temps, l'éducation doit subir des conditions de lieu: elle laissera l'enfant isolé, ou elle l'entourera de ses semblables. Il faut done distinguer encore l'éducation privée, qui garde l'enfant au sein de la famille, sous les regards du père et de la mère ; et l'éducation publique, faite au dehors de la maison paternelle, dans des écoles communes,
Dans ce dernier cas, l'école est réputée complétement publique, quand elle est établie par l'autorité civile, et que l’enseignement s'y donne au nom de cette même autorité sociale: semntpublique, si cette école est érigée par des partieuliers où associations autres que l'État, et si le maître y parle en son propre nom.
Cette division de l'éducation ou des écoles en écoles privées, semi-publiques et publiques est
{1} Taparelli: Dr. Nat. Notc du Livre 7 sur l'enseignement.
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d’une grande importance pour fixer les limites du droit de l'État : car l'autorité sociale n'aura pas la même latitude ni la même indépendance, selon qu'elle s’exercera dans l’une ou l’autre de ces écoles.
De plus, l'éducation, pour former l'homme, doit penser à la destinée spéciale, à la vocation particulière de l'individu qui lui est confié, et le préparer pour l'état, le métier, la profession, en un mot, le rôle qu’il est appelé à remplir dans la société. Elle doit done accommoder ses enseignements à la position sociale et providentielle de son élève:et ne pas donner mal à propes la même culture au littérateur et à l'ouvrier, au magistrat et à l'agriculteur. A ce point de vue, on distingue: l'éducation ou l'école populaire, pour les classes ouvrières et agricoles; l'éducation ou l'école intermédiaire, industrielle, artistique, commerciale, pour les classes moyennes; la haute éducation littéraire ou l'école supérieure, pour les classes élevées de la société.
Ces trois genres d'éducations ou d'écoles ont seuls entre eux des différences notables, qui les constituent chacun à part. Les autres distinctions que nous avons établies sont plutôt des modifi- ‘ations nécessaires d'une même éducation que des genres d'éducation divers: ce sont des degrés ou des formes que toute éducation, la plus vulgaire comme la plus distinguée, doit successivement recevoir où parcourir, pour arriver à ce but unique, à ce grand but, qui est d'élever l'homme.
À raison de leur origine, les écoles se partagent encore en deux genres distincts: Les écoles ecclésiastiques, que l'Église fonde et dirige, soit pour v instruire la jeunesse chrétienne, soit pour y former ses ministres; et les écoles profanes, où certes l’enseignement religieux et moral reçoit toute l'attention qu'il mérite, mais qui sont établies et régies par des laïques, sous la surveillance de l'Église.
Enfin, dans notre siècle de naturalisme et d'impiété, est apparu un nouveau système d'éduation sans Dieu; et c'est ainsi que l’on constate aujourd'hui, un peu partout, un triple genre d'écoles: l'école confessionnelle dont les élèves appartiennent tous à la même croyance, et où l'ensemble de l'enseignement est profondément pénétré des principes et des pratiques de la religion: l’école laïque de laquelle toute religion est bannie, et qui se contente de fournir une instruction purement profane; enfin l'école mixte qui, pour se conformer aux différentes sectes religieuses de ses élèves, ou bien n'accorde qu'une place secondaire et postiche à l'enseignement du catéchisme, ou bien n'enseigne que de vagues notions, qu'ur résidu de religion qu'on obtient en extrayant des divers credo ce qu'il y a entre eux de commun.
Telle est la liste froide des diverses formes d'éducation: :t des différentes sortes d'écoles. Le but que nous poursuivions nous dispensait de toute appréciation: il s'agissait seulement de fixer
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le sens de quelques notions générales, nécessaires à la discussion du grand problème scolaire. Cependant nous tenons à signaler ici la fausseté du système d'éducation qui, à côté et souvent à la place des écoles confessionnelles, érige des écoles neutres où mixtes d'où l'on bannit Dieu et la religion, comme choses inutiles à savoir pour le premier âge, et comme secours dont on peut se passer pour former les hommes.
D'ores et déjà, l'éducation fournie par de telles écoles est condamnée comme une éducation incomplète, une éducation tronquée et, par là même, une éducation indigne. Puisque l'école est l'éducation elle-même; et que l'éducation n'est complète, efficace et vraiment digne de ce nom que si elle se compose à la fois de deux éléments essentiels et inséparables: l'instruction et la formation morale et religieuse: il s'ensuit nécessairement que toute école doit être confessionnelle, que l’école neutre ne répond à aucun besoin de l'éducation, et repose uniquement sur la perversité des hommes,
I n'y aurait pas lieu d'insister davantage si les partisans de cette erreur ne se montraient chaque jour plus remuants et plus audacieux. Mais voilà près d’un siècle et demi que l’idée de neutralité scolaire a été lancée de par le monde, et qu’elle va se propageant et se réalisant dans bon nombre de pays. Bien plus, dans ces derniers temps, à la propagande du système s'est ajouté un développe-
ment intensif de l'erreur. La neutralité se transforme maintenant en laïcité ou sécularisation. Et, quoique ces deux expressions ajent ceci de commun qu'elles s'appliquent aux institutions d’où l'enseignement confessionnel est formellement banni, l'usage cependant semble y attacher une certaine diversité de significations: la neutralité scolaire, mettant toutes les religions sur un même pied, prétend n'en combattre aucune: la laïcité ou la sécularisation de l'éducation, au cortraire, se pose en adversaire déclaré de toute religion et, tout particulièrement, de la religion catholique.
Il convient done de mettre les honnêtes gens en garde contre ces tendances pernicieuses. Sans revenir sur l'impossibilité de former la jeunesse en établissant le divorce entre l'instruction et l'édu- ‘ation, où en écartant de l'éducation toute idée religieuse, nous voulons cependant rappeler ici quelques-uns des nombreux anathèmes lancés par l'Église contre les écoles neutres où mixtes.
“Dans les écoles, la doctrine religieuse doit avoir le pas en tout ce qui touche soit l'éducation, soit l’enseignement, et dominer de telle sorte que les autres connaissances v soient considérées comme accessoires.”
“Mais telle est aujourd'hui la marche des temps et des habitudes, qu’un grand nombre, et au prix de très grands efforts, travaillent à soustraire à la vigilance de l’Église et à la vertu salutaire de
() Pie IX: Lettre à l'Archevêque de Fribourg, le 14 juillet 1864.
la religion la jeunesse adonnée aux lettre. On désire et on réclame de toute part des écoles appelées neutres, mirtes, laïques... Ce mal étant beaucoup plus étendu et plus grand que les remèdes, on voit se multiplier une génération insouciante des biens de l'âme, ignorante de la religion, souvent impie, "ne sachant rien refuser à ses passions, et se lais: ant, par suite, facilement entraîner à jeter le trouble dans l'État. "2
Aussi “l'Église, gardienne et vengeresse de l'intégrité de la foi, et qui, en vertu de la mission qu'elle a reçue de Dieu, son auteur, doit appeler à la vérité chrétienne toutes les nations et surveiller avec soin les enseignements donnés à la jeunesse placée sous son autorité, l'Église a toujours condamné ouvertement les écoles appelées mairies ou neutres, et a maintes fois averti les pères de famille, afin que, sur ce point si important, ils demeurassent toujours vigilants, toujours sur leurs gardes."
Quant à l'avis, émis par quelques-uns, pour concilier les diverses communions religieuses, de n'enseigner en classe que les vérités de la religion naturelle, ou même que les vérités communes à toutes les sectes, il est également réprouvé. Bien plus, “il est beaucoup plus sûr de n'enseigner dans les écoles mixtes que les lettres humaines, plutôt
(1 Léon XIII: Encyc. Quod Multum, Vol. 2, p. 93. 12} Léon XIII: Encye. Nobilissima Galiorum Gens, Vi. Ï, p. 233. (3) Léon XIII: Eodem loco, p. 231.
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que d'y donner exclusivement les articles soitdisant fondamentaux de ln religion chrétienne communs aux autres sectes, en laissant à chacune de celles-ci les développements ultérieurs qui leur sont propres,"
“On ne peut pas même se contenter de l'enseignement de la vraie religion à certaines heures, mais il faut que tout le reste de l'enseignement exhale comme une odeur de piété chrétienne. S'il en est autrement, si cet arôme sacré ne pénètre pas à la dois l'esprit des maîtres et celui des élèves, l'instruction, quelle qu'elle soit, ne produira que peu de fruits et aura même de graves inconvévients.
Dira-t-on que cette doctrin des souverains pontifes ne regarde que les peuples d'Europe ? Écoutons avec quelle sollic' de paternelle et quelle énergie de langage Léon XIII en fait l'application au peuple canadien lui-même: “Il ne saurait être permis à nos enfants, dit-il, dans son encyclique À ffari vos, d’aller demander le bienfait de l'instruction à des écoles qui ignorent la religion catholique ou qui la combattent positivement, à des écoles où sa doctrine est méprisée et ses principes fondamentaux répudiés . .. Pareillement il faut fuir à tout prix, comme très funestes, les écoles où toutes les croyances sont accueillies indifféremment et traitées de pair, comme si,
(1) S. Cong. Prop. aux Évêques d'Irlande, 16 juin 1841. (2) Léon XII: Encye. Miitantis Ecclesiæ, Vol. 5, p. 199