II. — Les cultures
Les méthodes de culture sont très en faveur, surtout à l'étranger, depuis les travaux de LGWENSTEIN et de son élève SIMYOSHI, et ceux de SAENZ en France.
Elles consistent à traiter le culot de centrifugation des urines par la soude à 4. p. 100 ou mieux par lPacide sulfurique à 15 %, et après lavage, à ensemencer sur milieu à l’œuf et à l’asparagine, milieu de LOWENSTEIN ou de PETRAGNANI modifié par SAENZ.
Les avantages de ce procédé sont les suivants :
Il permet le diagnostic de tuberculose dans les cas où le nombre des bacilles est inférieur à 10.000 par centimètre cube.
Il décèle le bacille de Koch dans les produits où il se trouve surtout sous forme de granulations qui échappent à l'observation microscopique, tels que liquides pleuraux ou pus.
Il permet une caractérisation immédiate des types de bacilles humaïns et bovins.
Il effectue presque toujours le diagnostic différentiel entre le bacille de Koch et les bacilles paratuberculeux saprophytes, le premier ne donnant de colonies visibles qu’à partir du neuvième jour au plus tôt, et les autres poussant en quelques jours seule-
ment.
MO res
Mais ce procédé présente un inconvénient certain : encore qu’il ne semble pas suffisamment au point et que sa généralisation paraisse difficile, c’est le délai relativement long qu’il demande pour fournir un résultat. Les auteurs qui en France l’ont le plus étudié indiquent un temps variant de neuf à vingt-sept jours
(SAENZ et EISENDRATH).
Les inoculations au cobaye.
Pour l’étude ou la mise en évidence du bacille tuberculeux, de très nombreuses voies d’inoculation ont été utilisées, veineuse, oculaire, conjonctivale, intestinale, etc...
La plus employée est la voie sous-cutanée. Elle a été considérée longtemps comme le procédé de choix. Puis on a constaté qu’elle ne fournissait pas autant de certitude qu’on avait supposé, et si actuellement sa vogue est restée grande en Russie et dans les pays scandinaves, il semble qu’en France tous les urologues l’aient abandonnée.
Cest que cette méthode semble infidèle car, dit MARION : « Si une inoculation positive permet d’affirmer la tuberculose rénale, une inoculation négative ne doit pas faire rejeter d’une façon absolue le diagnostic ».
Elle peut tromper car « des contaminations accidentelles de cage peuvent venir fausser l’expérience » (CALMETTE).
En outre, comme l’a montré CALMETTE, en février 1933, il faut tenir compte de « linfection tuberculeuse spontanée du cobaye et du lapin ».
Enfin, le reproche le plus grave et dont la réper-
cussion pratique est la plus grande, qu’on ait adressé
à l’inoculation sous-cutanée est son extrême lenteur. Au moins six semaines, parfois huit, sont nécessaires pour procéder au sacrifice de l’animal. Pendant ce temps, le diagnostic reste incertain, alors que le pronostic s’aggrave de jour en jour faute d’un traitement appliqué précocement.
Pour obvier à ce gros inconvénient, on a cherché à obtenir des résultats plus rapides en modifiant la technique d’inoculation ou en cherchant des voies nouvelles.
C’est ainsi qu’on a essayé la sensibilisation du cobaye au rayon X.
On a répété les injections tous les jours (CALMETTE et VERLIAC).
On a pratiqué l’inoculation dans la mamelle d’une femelle en lactation.
On a, avant tout, mis en œuvre l’inoculation intrapéritonéale, C’est elle surtout aui donne des lésions qu’on peut confondre avec celles de la tuberculose spontanée du cobaye. Elle est donc à rejeter.
Malgré ces efforts de perfectionnement, le discrédit des procédés d’inoculation est resté si grand qu’ils
ont perdu la faveur des urologues.
Il existe pourtant un procédé sensible et rapide, connu depuis neuf ans, employé à Nantes depuis huit ans, le procédé d’inoculation intraganglionnaire de NINNI.
S'il a donné lieu à quelques travaux concernant la tuberculose pulmonaire, et en Italie l’ophtalmologie,