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PAPIERS = ENCRES - PINCEAUX = ACCESSOIRES

Le matériel à approvisioiiiier comprend du papier, de l'encre, des pinceaux-pochoirs et quelques produits accessoires.

Papiers. — M. Ra^vlins fait fabriquer un papier spécial qu'il a encore perfectionné récemment, qui s'encre avec facilité et donne des images fort agréables. Le débutant pourra, si cela lui plaît, en user d'abord; de cette façon il supprimera, pour ses premiers essais, les causes d'échec qui pourraient être dues à un mauvais choix du papier. Quand il aura acquis le tour de main, qui est aisé, il encrera tous les papiers double transfert avec la même désinvolture.

Je ne puis ici recommander telle ou telle marque. Les marques sont nombreuses et le temps m'a manqué pour les essayer toutes. En tous cas, dans le choix du papier, deux points sont à considérer :

1^ La surface devra posséder une grande nialité : c'est une condition essentielle si l'on veut que les blancs aient de l'éclat ;

2° La couche gélatineuse devra avoir une nature qui

LE PUOCÉDÉ RAAVLINS A L'TÏUTLE

ne s\)pposc pas cm sécluKje de l encre. Daus les Procédés d'Art, nous avions indiqué comme papier s'encvant bien le numéro ii8 de la marque « Fer à clieval ». Expérience faile, rcncre ne scche pas sur ce papier; sur des épreuves vieilles d'un an, le conlacl du doigt sullit à enlcAcr l'encre. En revanche, celle-ci seclie bien sur les numéros loo, iiC, 119, I25. Pourquoi cette différence? A l'heure présente, je n'en sais trop rien.

Le papier devra être coupé à des dimensions supérieures à celles du cliclié, par exemple en 20 X 26 pour 18 X 2/4. Si on l'achète en rouleau et qu'on veuille diviser ce rouleau, le plus simple est de le couper a la scie comme une bille de bois, en deux, trois ou quatre morceaux, suivant le format dont on se sert.

Les papiers double transfert se font sur les supports les plus variés; papiers lisses, ou à grain fin, ou à grain rond, ou à grain long. L'exécutant n'aura que l'embarras du choix.

Encres. — Les encres noires seront naturellement les plus utilisées. L'encre lithographique dite « Encre machine » est celle qui s'emploie le plus communément. Elle constitue l'encre dure, le rôle d'encre molle étant rempli par le noir taille-douce. La couleur à l'huile dite (( Noir d'ivoire », dont se servent les peintres, est plus molle encore; elle pourra parfois servir.

En mélangeant l'Encre machine à l'Encre taille-douce, on aura des encres moyennes.

La gamme des noirs nuancés allant du noir bistre au noir bleu s'obtiendra en mélangeant à l'Encre machine une pointe soit de terre de Sienne brûlée lithographique, soit d'un bleu lithographique comme le bleu de Flore, Ou l'outremer.

La sanguine sera fournie par la sanguine lilhograpliiqiic. Si on veut en atténuer l'éclat, on la mélangera soit à la terre de Sienne naturelle, soit au bistre lithographiques.

D'une façon générale on peut, quand cela est utile, donner de la mollesse à toutes ces encres, en y introduisant un médium.

Ainsi, pour amollir l'Encre machine et la rendre plus prenante, on peut, soit la mélanger au noir tailledouce, soit — ce qui vaut peut-être mieux, car cela ne modifie pas la teinte — y ajouter du vernis faible, ou du fixatif de Haarlem, ou encore de l'essence minérale.

Pinceaux, — Les pinceaux les plus convenables sont ceux dits : c( Putois ». Deux modèles : le Putois piedde-biche et le Putois droit. C'est le premier qui constitue l'outil essentiel et qui fait la quasi totalité du travail. Ne croyez point ceux qui vous diront qu'on peut se passer du pied-de-biche. C'est sa forme qui rend son maniement facile et permet a la main de lui communiquer ces multiples mouvements, que nous décriions un peu plus loin, et qui assurent la rapidité de l'encrage. Ces mouvements sont très malaisés avec le putois droit; aussi ce dernier sert uniquement à faire les raccords, à enlever un excès d'encre, à adoucir les passages, bref à exécuter les opérations accessoires.

Il faut avoir plusieurs pieds-de-biche, de façon à n'être pas obligé de les nettoyer à tout instant; deux ou trois gros dans les prix de 4 ^ 6 francs piècQ, un ou deux moyens. Plus quelques putois droits de grosseur variée .

LE PROCÉDÉ RAWLINS A LMIUILE

Matériel accessoire. — Un couteau à palette de peintre ou mieux un couteau à encre de lithographe, pour broyer, mélanger et étaler les encres;

Une grande glace servant de palette sur laquelle on étalera les encres et on déchargera le putois;

Une glace, ou une feuille d'ébonile recouverte de feuilles de papier buvard mouillé sur lesquelles reposera l'épreuve pendant l'encrage;

Du papier buvard blanc épais et de bonne qualité;

Des pinceaux à aquarelle ;

Un ou deux mètres de mousseline à beurre;

Des gommes à crayon pointues, « Nigrivorine » ;

Un petit bloc de papier de verre fin;

Des canifs ou grattoirs ;

De l'essence minérale pour nettoyer les putois et qui, éventuellement, sert de médium.

Du savon à base de ponce pour se nettoyer les mains.

OPÉRATIONS PRÉLIMINAIRES A L'ENCRAGE

SENSIBILISATION DU PAPIER - EXPOSITION LAVAGE - ESSORAGE - MOUVEMENTS D'ENCRAGEj

Nous allons maintenant passer en revue la succession des opérations en supposant que nous désirons obtenir du cliché une réplique exacte, en considérant le procédé comme purement photographique.

Sensibilisation du papier. — Il est inutile d'user de solutions sensibilisatrices trop chargées en bichromate. La proportion : Eau loo, Bichromate 2 ou 3, assure une rapidité d'impression telle qu'il n'y a pas intérêt et qu'il peut y avoir danger à l'augmenter.

Pour sensibiliser, deux; méthodes :

a) Par trempage. Dans une cuvette remplie d'une solution de Ijichromate de potasse ou d'ammoniaque à 2 0/0, vous plongez la feuille, l'élendez gélatine en dessus, puis balancez la cuvette pour faire partir les bulles. Au bout de deux minutes, la feuille a absorbé ce qu'elle peut retenir de la solution. Vous pouvez laisser la feuille plus longtemps, le résultat s^ra le même; la sensibilité n'en sera pas augmentée.

LE PROCÉDÉ RAWLINS A L'ITUILE

Si, comme il est probable, vous avez plusieurs feuilles à sensibiliser, des que la première feuille s'est étendue, vous placez la deuxième par-dessus, puis la troisième, etc., en agitant à chaque fois la cuvette. Quand la dernière feuille a été mise, la première qui se trouve en dessous peut être retirée; et, après avoir vérifié que le bain l'a mouillée partout, vous la suspendez par un angle. Vous enlevez du bain la deuxième feuille, et ainsi de suite. Par cette méthode, l'opération est rapide et cinq minutes suffisent pour sensibiliser six ou huit feuilles.

En revanche, le séchage est long; l'opération doit se faire la veille au soir pour le lendemain matin.

h) Au pinceau et à V alcool. Cette seconde méthode assure un séchage beaucoup plus rapide que la première et un lavage ultérieur également plus rapide ; on peut donc la préférer pour cette raison.

Vous faites une solution mère de bichromate d'ammoniaque à 6 o/o (l'alcool précipitant le bichromate de potasse). Le bain sensibilisateur est constitué par une partie de cette solution mère et deux parties d'alcool à 90 degrés.

Vous prenez un pinceau ne pouvant contenir trop de solution; la brosse plate en soie de porc des artistes peintres convient bien.

La feuille à sensibiliser étant placée sur un buvard ou sur un carton et retenue par des punaises, vous la badigeonnez rapidement en ayant soin de ne laisser aucun endroit non couvert; vous régularisez ensuite la couche liquide en passant le pinceau une fois dans le sens longueur, une fois dans le sens largeur. A ce moment, des stries sont encore visibles. Pour les faire

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LE PROCÉDÉ RAWLINS A L'IIUTLE

disparaître vous passez rapidement un gros pinceau sec, en poil de chèvre, qui pompe ce qui reste d'alcool et régularise le travail. Au moment où vous enlevez la feuille, il faut que la solution ait été absorbée partout et qu'il n'y ait plus de liquide en excès et libre. Sans cela, il se produirait des traînées qui se révéleraient à l'encrage. Le séchage est très rapide. Dix minutes à un quart d'heure. Le bain alcoolisé ne se conserve pas et doit être jeté.

Choix du cliché. — Le procédé permet d'utiliser, en principe, tous les clichés, quelle que soit leur nature. Cependant il faut dire que le cliché le plus facile à rendre et donnant les meilleurs résultats est le cliché ferme et bien transparent, complet avec des oppositions franches, en d'autres termes, le « bon cliché » classique pour charbon, bromure, résine, etc.

Exposition sous châssis. — Le papier fraîchement sensibilisé se comportant mieux, il convient de ne pas dépasser, entre le séchage et l'exposition sous châssis, un intervalle de vingt-quatre ou quarante huit heures. J'ai cependant utilisé au bout de dix jours de sensibilisation des feuilles qui se sont comportées normalement à l'encrage. En revanche, après exposition et lavage, l'opération de l'encrage peut être remise sans inconvénient.

La durée d'exposition peut être ainsi estimée, pour l'encrage à l'encre dure ;

Cliché transparent . . . 1/2 à 3/4 degré Artigue. Cliché ferme, non voile, i degré Artigue. Cliché ferme et couvert, i degré 1/2 à 2 degrés

Artigue ,

Certains papiers demandent une impression plus forte que d'autres; c'est une question de gélatine.

L'image, semblable à celle que donne le papier au platine, aura l'aspect suivant : les grandes ombres et les demi- teintes moyennes seront très visibles, avec tous leurs détails; on ne verra pas les détails dans les grands blancs.

Si le cliclié est localement défectueux, on estimera le temps de pose en conséquence :

Exemple : voici un cliché, produit par la sous-exposition ; ses transparences sont excessives et manquent de détails; ses opacités sont très fortes. Vous poserez, pour les transparences, de façon que les noirs de l'épreuve s'encrent normalement à l'encre dure, et vous encrerez les parties claires de l'épreuve avec une encre amollie qui fera apparaître les détails dans les blancs.

En résumé, vous exposez sous un cliché défectueux de telle sorte que toutes les régions du papier aient une pose normale pour une des encres comprises entre l'encre la plus dure et l'encre la plus molle dont vous disposiez.

Dans l'exemple ci-dessus, si vous posiez pour les opacités du cliché, les parties de l'épreuve placées sous les transparences risqueraient d'être surexposées pour l'encre la plus dure.

Si le cliché dans son ensemble est gris et manque d'oppositions, on sous-exposera nettement pour l'encre dure, la sous-exposition tendant à augmenter les oppositions. On exposera largement dans le cas contraire, mais toujours sans dépasser le temps d'exposition normal pour encre dure.

Ceci est une règle générale; car, si l'on peut adoucir une encre jusqu'à la rendre quasi liquide, on ne peut,

en pratique, aller clans le sens de la dureté au delà de l'encre lithographique. En efiet, pour durcir une encre lithographique dont le médium est le vernis moyen, il faudrait y ajouter du vernis extra-fort, lequel tirerait sur le putois de telle sorte que ce dernier ne serait plus maniable.

La seule cause d'échec irréparable réside donc en une exposition notoirement exagérée.

Lavage. — Plusieurs feuilles, ainsi impressionnées, peuvent se laver dans la même cuvette. Au début, l'eau devra être fréquemment renouvelée et les feuilles agitées. Le gros du bichromate étant parti, on pourra laisser les feuilles Iranquilles. L'opération sera accélérée, si, pour la terminer, on use d'eau tiède à 20 ou 25 degrés.

L'opération du lavage peut ainsi s'elTectuer en une demi-heure, temps suffisant pour que la gélatine absorbe l'eau ; mais on peut la prolonger et laisser les feuilles pendant plusieurs heures dans l'eau froide, sans inconvénient, au contraire; cela n'en Aaudra que mieux; le bichromate sera complètement éliminé : ce que l'on reconnaîtra à la disparition, à peu près totale, de l'image.

L'encrage des feuilles ainsi lavées à fond peut être quasi indéfiniment retardé. Il suffit de les faire sécher et de les conserver ensuite dans un tiroir, où on ira les reprendre pour les remettre dans l'eau pendant i5 ou 20 minutes. J'ai ainsi encré normalement des feuilles conservées depuis plusieurs mois.

C'est là un avantage précieux qu'il nous suffira de signaler.

Essorage, — La surface gélatinée de la feuille que l'on retire de la cuvette doit, préalablement à l'encrage.

éire essorée, de façon qu'il ne s'y trouve aucune trace d'eau libre. Cette opération peut s'effectuer au moyen d'un papier buvard; mais s'il n'est pas de première qualité, le paj^ier buvard peut abandonner des peluches, et il est préférable d'essorer en tamponnant la surface gélatinée avec de la mousseline à beurre, laquelle se vend partout.

Ainsi essorée, la feuille est placée sur un support incliné, préalablement couvert d'un matelas de papier buvard humide, et est prèle à l'encrage.

Précautions à prendre. — Les grands ennemis du procédé sont ces poussières, ces peluches légères qui, envolées des vêtements en laine et des serviettes en toile de coton, retombent sur la planche, la salissent et, retenant l'encre, deviennent de plus en plus apparentes.

Aussi devra-t-on laver à l'éponge la table où l'on va travailler, ne rien secouer dans son voisinage, user de servietles ne peluchant pas, mettre des manches en lustrine, etc..

Étalage de Tencre. — Une grande glace bien propre étant placée sur la table, on prend alors de l'encre dure au bout du couteau à palette et on l'étalé. Le couteau à encre des lithographes, plus rigide, est plus commode que le cou (eau à palelte. Si on veut nuancer son encre, on y ajoute les pointes de bistre ou de bleu, on mélange bien et on étale le tout en une couche mince.

Cela fait, saisissant le grand putois picd-de-biche, on le pose sur l'encre, on le soulève, on le repose, on le soulève à nouveau ; le putois a pris de l'encre ; avant de le mettre en contact avec l'épreuve, il est bon de régulariser la charge d'encre qu'il retient dans ses poils ; ceci se fait en tapotant avec ce putois un endroit propre

LE PP.OCÉDK RAWLINS A L'HUILE

de la glace ; sous l'infliieiice de ce tapotement, la charge du putois s'allège et devient régulière. Il s'agit maintenant d'attaquer la feuille.

Des divers mouvements d'encrage. — S'il est relativement facile d'enseigner par l'exemple ces mouvements assez subtils, tout en nuances, il l'est beaucoup moins de les décrire clairement. Il faudra donc que le débutant s'instruise lui-même en étudiant sur une zone restreinte de la feuille les effets des divers mouvements du putois.

Je vais néanmoins essayer de diriger et d'abréger ses premiers tâtonnements. Voici d'abord quelques préceptes généraux :

a) L'exécutant devra toujours avoir présent à l'esprit le vers connu :

Mieux vaut douceur que violence.

et se persuader que la force et la raideur sont absolument à éviter. Sous l'effet d'une douce insistance, la planche docile accepte l'encre ; elle la refusera si vous la Aiolentez. J'ai pu constater que la plupart des échecs du début étaient dus à un excès de force et de brutalité dans le maniement du pochoir.

Le putois doit être teuu légèrement, et non serré, entre le pouce et le médius, l'index venant au secours du médius et assurant la direction, l'annulaire détaché et le petit doigt en l'air, à la manière des peintres élégants. Le poignet souple.

Les doigts qui tiennent le putois doivent s'y appliquer, non pas près des poils — tendance trop générale chez ceux qui n'ont pas l'habitude du pinceau — mais nettement au-dessus du renflement du manche.

LE 1MU)CI';DÉ RAAVLINS V L'IILTLK

h) Toute encre paraîtra revêclic et peu nianiahle, si la feuille est sous-exposée pour cette encre. Si la feuille a le temps d'exposition coll^ellable pour l'encre utilisée, celle-ci, fût-elle dure, semblera douce à l'usage. Ainsi l'artiste exercé scnlira au bout des doigts, dès les premiers contacts si l'encre est de composition convenable.

c) Il faut toujours commencer par une encre dure, et l'adoucir ensuite à la demande de la main, sous le contrôle des premiers résultats. Il faut toujours encrer en suivant une marche progressive, c est-à-dire faire d'abord une image pâle que l'on montera par des surcharges successives; si l'on met, en effet, de prime abord un excès d'encre, il faudra l'enlever, opération qui est assez laborieuse et risque d'abîmer la surface de la gélatine.

Dans l'analyse que je vais faire maintenant des mouvements du pocboir, je vais diviser ceux-ci en deux catégories : mouvements d'encrage proprements dits ; mouvements éventuels :

Mouvements d'encrage. — L'apport de l'encre s'effectue non par le clioc, mais par l'appui élastique, combiné au glissement et à la torsion; après quoi le modelé ébaucbé par ces mouvemenls se complcle par l'action du tapotement.

Prenez le pied-de-bicbe cliargé et posez-le, le talon de votre côté, sur un endroit de la feuille; pesez; les jDoils flécliissent et s'étalent, leur ensemble marquant, à cause de leur disposition oblique, en pied-de-biche, un recul léger; desserrez l'étreinte des doigts, de façon que le pinceau remonte par l'élasticité des poils, pesez de nouveau, et ainsi de suite. Dans ces mouvements d'appui élastiques, Textrémité des poils n'a pas quitté le contact du papier. Si vous regardez l'effet produit vous verrez

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que de l'encre a été déposée sur le papier, inégalement, mais partout; le grain est grossier et irrégulier; il n'y a qu'une ébauche de modelé.

Vous augmenterez l'effet produit si, au lieu d'exécuter ces mouvements d'appui sur le même point, vous animez le pinceau d'un léger mouAement de glissement qui le rapproche cle vous et si, en même temps, a-ous faites tourner le manche, entre le pouce et le médius, pour lui donner un mouvement de libration, de faible amplitude.

La combinaison de ce triple mouvement : appui, glissement, torsion, — qui s'effectue par le travail du bout des doigts, — assure un dépôt rapide de l'encre et avance l'ébauche du modelé. C'est une sorte de chatouillement léger, à fleur de poil, sur la surface de la gélatine. Quand l'opérateur est exercé, le pinceau semble caresser le papier; il n'y met d'ailleurs et ne doit y mettre aucun effort; son poignet et ses doigts peuvent travailler ainsi pendant des heures sans ressentir aucune fatigue.

L'achèvement du modelé se fait par tapolemcnt, soit au moyen du même pied-de-biche, soit au moyen d'un putois droit.

Il faut se garder de confondre l'action du tapotement avec celle du choc, dont nous parlerons tout à l'heure. Pour tapoter, tenir le pinceau perpendiculairement à la planche et donner, de très près, de petites tapes légères, l'extrémité des poils s'élevant cle i ou 2 millimètres à peine au-dessus de la planche. Sous l'action du tapotement, les blancs de l'épreuve, salis par le travail d'apport, se nettoient, le grain s'écrase et s'affme, les demiteintes apparaissent, les ombres se confirment, l'image s'achève*

Si le lapolement, même très léger, au lieu de produire l'ellet qui vient d'être décrit, semble enlever l'encre, et si le grain ne s'affine pas, c'est que l'encre est trop dure pour l'exposition donnée, et qu'il con\ient de l'adoucir.

Si, au contraire, sous l'action du tapotement, les blancs ne se dégagent pas, si la planclie send3le vouloir absorber de l'encre partout, si les détails de la gamme sombre tendent à se noyer dans un noir uniforme, c'est que la planclie est surexposée. Il faut prendre une encre plus dure. Si l'on n'a pas d'encre plus dure, il sera possible de sauver encore l'épreuve par des tours de main que nous dirons plus tard et par l'emploi du l)alayage.

Mouvements éventuels. Balayage, choc. — Balayer c'est donner, h la surface de la gélatine, un coup de pinceau franc, analogue au coup de balai donné sur un parquet. On sait que, dans ce dernier cas, la poussière est enlevée sur la surface des planches et va se loger dans les rainures. De même ici l'action superficielle du balayage nettoie les blancs (reliefs de la gélatine) et laisse subsister les noirs (logés dans les creux de la gélatine). En balayant on augmente donc les oppositions, et, si l'épreuve tend a se voiler, on lui redonne de l'éclat.

L'action du choc consiste à donner des coups secs, au moyen du putois tenu perpendiculaire à la surface de la planche. Elle enlève l'encre partout, dans les noirs aussi bien que dans les blancs. Elle répond au besoin d'éclaircir une région locale trop encrée. C'est donc une action exceptionnelle puisqu'en principe, ainsi que nous l'avons recommandé, il convient d'atteindre au ton local désiré par une ascension progressive.

On voit qu'entre le choc et le tapotement il n'y a pas

LE PU OC É DÉ RAWIJNS A K'IILILi:

différence de nature, mais une différence de degré; différence importante d'ailleurs; c'est celle qui sépare la lape amicale donnée sur une épaule amie, du coup de poing adressé par le boxeur au sternum de l'adversaire. Vous vous en rendrez compte si vous passez peu à peu et progressivement du tapotement léger au choc brusque et sec; vous constaterez qu'au début l'encre ne quitte pas la planche, mais qu'à un certain moment, le tapotement devenant plus fort et plus sec, l'encre s'enlève happée par le pinceau; parallèlement, le grain qui, au début, s'affinait de plus en plus, redevicnl subitement grossier.

Vous constaterez aussi que le moment où le tapotement, de plus en plus accentué, devient choc, c'est-àdire enlève l'encre au lieu de l'écraser, varie avec le degré d'insolation de l'endroit frappé. Autrement dit une tape qui décape les demi-teinles claires confirme les demi-teintes foncées. Ce fait permet, comme nous le verrons plus tard, de donner les accents noirs.

Ceci dit, et ces divers mouvements plus ou moins bien décrits, revenons à notre feuille que nous avons laissée reposant sur le matelas de papier buvard humide. Comment allons-nous l'attaquer.^

ENCRAGE DE L'ÉPREUVE

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