‹ Le procédé Rawlins à l'huileChapitre 9 sur 10 · ÉTUDE · texte numérisé non relu

ÉTUDE

R. Demaghv.

LE PUOCÉDÉ RAWLINS A l/llUILE

il n'existe qu'une diflërence cle degré. On peut passer du tapotement au choc par une série infinie de nuances insensibles — les nuances du cou de la colombe. A un moment donné, l'encrage au lieu de se confirmer est détruit; mais ce moment varie suivant que l'endroit frdppé est plus ou moins amoureux de Vencre; une tape relativement légère enlève l'encre sur une tache claire, parce qu'à cet endroit la planche de gélatine ne tient guère à garder l'encre, tandis qu'il faut un choc brûlai pour éclaircir une tache noire, parce que là la gélatine retient l'encre très fortement.

On conçoit donc que par un tapotement d'une certaine force on puisse en même temps encrer la prunelle et les traits cernant l'œil et désencrer la peau. Et c'est en effet ce qui a lieu. Ou possède donc là un moyen très particulier de créer un accent noir au centre d'un entourage clair sans être obligé d'avoir recours au pignochage d'un putois minuscule.

Pour y arriver, dans la pratique, on commence par encrer légèrement, puis dès que l'encre a pris, on fait l'attaque de plus en plus brusque jusqu'à ce que commence le désencrage dans les parties claires.

Nous venons de voir les deux procédés de surencrage local, le premier s'applique au cas où l'accent est de surface notable, le second au cas où l'accent est de faible dimension.

Après séchage de l'épreuve, il est possible de placer encore un accent noir pourvu qu'il soit de faible étendue, mais il faut que l'épreuve soit bien sèche. On prend un pinceau à aquarelle que l'on trempe dans Tessence, on le charge d'encre, puis on laisse l'encre s'évaporer tout en essayant le pinceau sur une palette en porcelaine ; au moment précis où le pinceau est presque

sec, mais non absolunfient sec, un l'applique sur le point à accentuer.

On peut aussi repiquer, et par suite donner au besoin un petit accent, en délayant au moyen d'un pinceau humide un peu de la couche d'un papier à dépouillement.

3^ Comment on appose les accents blancs. —

Passons maintenant aux accents blancs :

Ils peuvent se donner au cours et à la fin de l'encrage, quand l'épreuve est humide; ils se donnent plus aisément et plus sûrement quand l'épreuve a séché depuis quarante-huit heures, ils peuvent se donner même pendant plusieurs jours, car l'encre demeure longtemps molle. Les accents blancs que l'on peut avoir à donner au cours de l'encrage, portent, en général, sur des surfaces de peu d'étendue et sont situés au milieu de régions claires ; ils ont généralement pour but d'aviver le point brillant d'un col, la tache d'une maison blanche, etc. Ils s'effectuent au moyen d'un pinceau à aquarelle, ou à huile, que l'on a trempé dans^ l'eau; un léger frottement de ce pinceau humide met alors la gélatine à nu.

Mais les accents blancs peuvent, plus sûrement à mon avis, se donner après séchage. Ils ne sont alors qu'un cas particulier du traitement général de reprise après séchage, dont j'ai parlé tout à l'heure.

Un frottement assez accentué de la gomme nigrivo= rine provoquera un abaissement notable; une attaque franche dégagera la gélatine et un blanc éclatant apparaîtra.

Si l'on désire un blanc plus éclatant encore, un coup de grattoir, de canif, de burin enlèvera la gélatine et dégagera le blanc du papier.

Comment on opère les sacrifices. — Deux moyens : le sous-encrage; l'emploi d*une encre trop molle et d'un tapotement discret.

Le sous-encrage peut aller jusqu'à la suppression totale de l'encrage; ceci s'applique à certains sujets particuliers, tels que les portraits très simples sur fond clair. Le sacrifice est alors véritablement total.

Le second moyen, d'un usage beaucoup plus général, tend à supprimer les détails dans la région sacrifiée et à rendre celle-ci par une Icinle presque plaie. Nous avons été amené à parler déjà de ce tour de main. Il est basé sur ce fait que si l'encre est trop molle pour la planche, le grain, lors de l'encrage, se trouve affiné avant que les détails aient apparu; ce phénomène se produit avec une intensité maxima, lorsqu'on utilise comme médium adoucissant l'essence minérale. Il suffit donc de ne pas prolonger le tapotement, de l'arrêter avant l'apparition complète des modulations de détail.

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