‹ Le Procès de Barreau [microforme]Chapitre 2 sur 6 · PET · texte numérisé non relu

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la répétition du témoignagne par l'avocat de à coucher, mais j'ai gardé le petit dans mes la couronne, bras, pendant tout le temps que J'ai été sous La cour s'objecte, dit que cette remarque la table. Barreau a ensuite tiré un coup de est sans précédent depuis qu’il est sur le banc. pistolet sur moi. J'ai entendu alors plusienrs Enfin l'affaire en reste là. autres coups de pistolet. J'ai fait la morte ‘ Examen continué : Marie-Louise Sauvage sous la table. Barreau a jeté la couverture du préparait alors les herbes pour la soupe. Le lit sur les pieds de Marie Louise Sauvage, prisonnier ayant mis son fusil sur le bois, Ma. et il a allumé une allumette et a mis le fau à rie-Louise Sauvage lui dit qu’elle avait besoin la paillasse du lit. Je l’ai vu mettre le feu, de prendre du bois et lui demanda de mettre et j’ai vu une grosse flamme. son fusil derrière la porte, de crainte que les Pendant cette partie importante de la dépoenfants y touchassent. Il s'est alors assis sur sition, Barreau a l’air un peu inquiet ; c'est le lavier. Il se levait pour s’en aller, lorsque le seul changement qui se soit opéré dans sa Marie-Louise Sauvage lui dit: “ Restez contenance, Sa bouche exprime toujours la donc, M. Moquin va arriver et il aimerait bien douceur, comme si le témoin lui était favo- : à vous parler.” Il a répondu qu'il aimerait rable, bien à rester, mais qu’il n'avait pas de bottes Examen continué : Barreau est parti de la assez propres, que c'était des bottes de chasse. chambre et ferma la porte sur lui ; une seoon-

Des efforts sont encore faits pour faire par- de porte était aussi fermée. Je suis restée -

ler le témoin plus fort. un quart d'heure sous la table ; je me suis

Examen contiuué :— Marie-Louise Sauva- levé ensuite et j’ai appelé ‘“ Louise Sauvage !

ge est allée en haut pour préparer un lit au Louise Sauvage ! ” deux fois. Elle était témoin. L’accusé a alors dit qu’ils'en allait morte alors. J'ai vu Justina Moquin à terre. Comme il allait pour s’asseoir sur un lavier Elle etait à côté de La Louise dans la cham- Marie-Louise Sauvage lui dit: ‘ Prends- bre, et elle était morte. Ensuite je suis sorgarde à ton fusil, il va tomber.” Barreau ré- tie par la porte de derrière laissant les deux pondit: “Je suis maître ici.” portes ouvertes. Je me suis sauvée chez le

En ce moment une bande de musique arrive voisin, M. Damase Sorel, dont la maison est sur le Champ de Mars, et les procédés sont en avant de celle de Moquin. C'est de l'arsuspendus. Le juge se rend à sa chambre. rière de la maison de Moquin, qu'on voit la Peu de minutes après la musique étant arrêtée, maison de Damase Sorel. Je suis sortie de le juge rentre. La contenance de Barreau n'a la maison de Moquin par la porte de derrière, pas cessé d’être la même. qui se trouve au pignon.

Examen coutinué : J'étais dans la cuisme, Les deux portes que j’ai laissées ouvertes sont en arriére de la maison, où se trouve la cuisi- la porte de la chambre et la porte de la maine. La porte de devant n'ouvre pas sur la son. La porte qui conduisait dans l’autre cuisine. Après avoir dit qu’il était maître, chambre à coucher est restée fermée tout le: Barreau a pris un pistolet et a tiré uu coup temps. Il était à peu-près dix heures lorsque aur {a Louise (Marie Louise Sauvage). Elle Barreau tira sur La Louise. Jo ne l'ai pas s’est rendue dans la chambre suivante de la vu tirer son fusil pendant tout le temps ; Ü a ouisine, une chambre à coucher, en criant toujours tiré avec son pistolet. Je n’ai pas * Sianislas ! Stanislas !” remarqué quelle sorte de pistolet,

(La contenance de Barreau ne change pas). Barreau a maintenant repris sa première

Cette chambre là était sur le derrière de contenance. la maison, L’ameublement se composait d’un Examen continué : Je jure positivement que lityun lavemain, une commode, une table, une le prisonnier est le mème que celui qui a tiré chaise, et un ‘offre dosrière la porte, Quand et je sais comment il était habillé, El avait Barreau a tiré, je me suis sauvé dans la des culottes par Carreaux noirs et verts, un méme chambre à coucher sous là table. Justie habit noir, un petit chapeau noir avec uu ruban ne Moquia était dans une fenêtre, et jetenais noir autour. Je le reconnais coimme i! faut. le plus jeune enfant dans mes bras, Je n'ai Il avait une moustache. Je ne suis retournée pas vu si Justine s’est sauvée dans lachambre à la maison de M. Moquin que lorsqu'il y

sé.

avait beaucoup de monde de revenu de la mosse. Je reconnaîtrais l’habillement de Barreau.

Le grand connetable Bissonnette apporte alors un paquet d'habits et est assermenté.

Examen en chef: Je produis un habit, une pare de pantalon, une veste, et un chapeau noir. J'ai eu ces effets là le 13 juin dernier ; je les ai eus à la prison du prisonnier même qui les portait alors. Ces vêtements sont les mêmes que ceux qu'il portait à Kingston, lorsque le prisonnier a été remis à mes soins.

(La veste et les culottes sont semblables Le témoin exhibe le tout au jury. Ces vêtements répondent à la description qu'en a donnée Délima Duquet, moins l’habit de chasse qui est brun, avec des points ou petites barres violet ou roussâtre.)

Délima Duquet examine alors ces hardes, et dit qu'elles sont semblables à celles que Stapislas Barreau portait lorsqu'il se rendit à la maison de M. Moquin.

L'examen en chef est t:rminé, et M. Clarke entre en transquestions.

Délima Duquet répond: Je sus certain

ue Marie L. Sauvage a dit ‘ Stanislas

arreau,” lorsqu'elle a vu venir le prisonnier. .

J'ai demandé qui est-ce que c'était, pour m'assurer qui c'était. Quand l'accusé est entré dans la maison, il m’a paru être un ami de Marie Sauvage. Elle m'a paru contente de le voir. L'accusé ne paraissait pas en train. Il n’y avait rien de remarquable dans sa conduite, lorsqu'il entra. Après avoir mangé queluue chose, il sortit avec Marie Sauvage, toujours en ami.

Après avoir mangé, Barreau a dit qu’il s’en allait, mais il n’est pas parti parce que £a fille Jui a dit d'attendre M. Moquin, C’est après cela qu’il s’est assis sur le lavier. Le prisonmier à alors mis son fusil derrière la porte. Il a laissé son fusil sur le lavier, et c'est alors que le fusil a failli tomber. Barreau était allé chercher son fusil derrière la porte au mo ment de partir, quand il a dit qu’il s’en allait. Quand il a dit qu’il s’en allait il a marché vers Ja direction de la porte avec son fusil à la main. Marie Sauvage ne lui a pas parlé d’une manière rude quand son fusil a failli tomber, Il n'avait pes de raison de se fâcher. Il n’a pas paru en colère. Il n'a pas paru excité. Il était parfaitement de sang-froid, Je crois avoir

raconter tout ce qui s’est dit entre le prisonnier et Marie Louise Sauvage, et n’avoir rien oublié. Marie Louise Sauvage lui a parlé de sa sœur, à Barreau, J’avais oublié cela, Jusqu'au moment où il tira, Barreau et Marie Sauvage parurent être bons amis, Je suis certain que Barreau n’a pas demandé autre chose à Marie Louise Sauvage qu’à manger.

Casimir Moquin est appelé. Le juge sort Délima Moquin va prendre place dans la gaerie, à côté de quelques personnes de son.

sexe et de son rang: Les dames ont quitté la tribune depuis longtemps. Le juge rentre au bout d'une minute. Les jurés désirant sortir, M. Clarke fait application en conséquence pour que la cour s’ajourne pendant un quart d'heure, La cour dit qu’elle ne permettra rien de tel. Les jurés sortent trois par trois, les uns après les autres, Il était alors deux heures et il en était trois lorsque lee procédés reprirent.

M. Moiïss Brossard, courtier, de Montréal, est alors assermenté.

Examen en chef :—Vers dix heures et quart du matin, le dimanche, 29 mai, j'étais chez mon père chez le deuxième voisin de chez M.

Moquin, lorsque j’appris par un jeune homm du nom de Sorel qu'il y avait eu un meurtre chez Moquin et que le feu avait été mis à la maison. Le témoin se rendit immédiatement avec deux autres hommes chez Moquin. En arrivant, ils ont vu le feu. Illeurdit: “Il faut étcindre le feu.” Les deux hommes qni l’accompagnaient ne voulaient pes entrer. Jai saisi un sceau d’eau et Je lai jeté sur le Iti qui était en feu. J'aperçus en même temps les cadavres de Marie Sauvage et de l’enfant qui gisaient sur le plancher, morts, Nous avons aussi éteint le feu qu'il y avait sur le plancher devent le poële, dans la cuisine. de dois dire que nous n’avons pas éteiut le feu tout-à-fait ; car quand les gens sont revenus de la messe, le feu était repris et nous l'avons éteint. Je ne connaissais pas les personnes mortes que j'ai vues. Le témoin est resté trois qnarts d’heur edans la maison, jusqu’à l'arrivée de M. Moquin, qui était allé à la messe et qu'il avait envoyé chercher par son cousin,

Alexis Beauvais, cultivateur, de Laprairie, est assermenté. Le 29 mai dernier, j'étais chez M, Casimir Brassard. Je me suis rendu chez M. Alexis Moquin seul, Quand je suis

entré, j' tite Jus se Bros:

je suis a lée ; le] et il y:

cher ; j’ moitié E trouvé 1 je l'aim Son non connu | Tran que le quin, | de lieue meuré Moqun trouvé Barreai Barreat sance.

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entré, j'ai vu Marie Louise Sauvage et la netite J'ustine,étenduos à terre, mortes. M. Moise Brossard, le dernier témoin, était là quand je suis arrivé. La naillasse était à moitiè brûlée ; le pied de la couchette était aussi en feu et il y avait du feu près du poüle sur le plancher ; j'ai vu deux ou trois quartiers de bois à moitié brûlés. J'ai examiné la maison, et j'ai trouvé une balle de aistolet près du lavier, ct je l'ai mise sur la lavier.Je connais le prisonnier Son nom est Stanisclas Barreau, Je l'ai bien connu l’orsqu'il demeurait cher M. Moquin.

Transquestionné.— Il y a six ou sept ans que Île prisonnier a demeuré chez M. Mo.

quin. Je demeurais à peu près à trois quarts de lieue da là à cette époque. L’accusé est demeuré pendant quatre où cinq aos chez M.

Moqun, en différents temps. Je n'ai jamais trouvé rien de remarqable dans la conduite de Barreau, lorsqu'il restait chez M, Moquin.

Barreau ne s'est jamais enivré à ma connais.

sance.

Guillaume Gibeau est assermenté.

Examen en chef: — J'ai cherché le prisonnier avec les soldats dans déux petits bois près de la maison de M. Moquin, dans le rang des Prairies. On voit ces pointes de bois, du devant de la maison de M. Moquin ; la distance est d'environ deux milles, Nous avons trouvé dans une de ccs pointes de bois dixneuf balles et une boîte de cire pour la barbe, On m’a montré ces balles devant le coron. paire ; elles étaient dans ua petit sac de coti, La boîte lui a aussi été montrée alors. Je le ai identifiés : c’étaient les mêmes que j'avais trouvés.

Le grand connétable produit un petit sac de coti contenant dix-neuf balles et un petit morceau de coton ; il produit aussi une boîte de teinture pour la barbe. Ces effets lui ont été remis par le Coronaire Jones, le 30 de mai.

Le témoin Gibeau identifie ces effets comme étant ceux qu’il a trouvés dans le bois, Il doit y avoir, dit-il, sept petits morceaux de linge. Il connait le prisonnier depuis longtemps. Son nom est Stanislas Barreau,

Barreau sourit un peu, comme tout ‘le monde du reste, en entendant le témoin donner ses réponses d’un air très naïf.

T'ransquestionné :— Il n'a fait aucune marque sur les balles ; mais il croit que ce sont

les mêmes qu’il a trouvées dans le hois.

Casimir Moquin, cultisateur, de Luprairie, est assermenté,

Examen en chef :—1! demeurais avoc mon père Alexis Moquin, le 28 mai dernier, Ce Jour là, je partis avec ma femme pour aller à la messe à 83 heures du matin, Mon père était parti avant moi. J'ai laissé à la maison Marie Louise Sauvage, Délima Duquet,— et mes deux enfans, C’est Justine qui a été tuée. Environ un quart d'heure après la fin de la messe, on me dit à l'hôtel que quelqu'uu me demandait à la porte, Je sortis et Louis Brossord, mon beau-frère, rue dit que Marie Louise Sauvage avait éte tuée, ainsi que ma petite fille J'ustina, et que ma maison était en feu,

J'embarquai de suite dans :na voiture et m'en revins à course de cheval, En arrivant à la maison, nous avons trouvé plusieurs personnes qui étaient autour de la maison, On a descendu de voiture, je suis entre dans la chambre à coucher et j'ai trouvé Marie Louise Sauvage tombée à la renverse et ma petite fille était à côté de Marie Louise Sauvage, la figure sur le plancher, Le lit était en feu.

Le plancher de la cuisine était aussi en feu. Le feu n'étant pas encore tout-à-fait éteint, où à crié au moude qu’il y avait dehors d'apporter de l’eau pour éteindre le feu. Plusieurs sceaux d'eau furent jetés sur Le feu.

Quelqu'un ayant ouvert la porte de la cave, dit que le feu devait être dans la cave. J’allai à la cave, elle était pleine de fumée, j’ouvris les chassis, mais il n'y avait p + de feu. Alors Je suis allé dans la chambre à coucher située sur le devant de la maison, et je trouvai un coffre en bois, dont le couvercle avait été défoucé. Ce coffre contenait une petite boîte, qui contenait de l'argent et quelques copies de testament. Mais la petite boite n’était plus dans le coffre. Il y avait cinquante louis en or ; c'étaient des pièces d’or de $5 ; il a remarqué qu'il y avait des aigles sur ces pièces. Il y avait aussi dans cette boîte dix à ouze piastres françaises. Il ÿ avait cent q'araute piastres en trente sous, en rouleaux de 810, Il y avait aussi 8190 en argent monnayé, de diverses descriptions ; eette somme n'était pas en rouleau, mais avait été mise pêle-mêle dans la boîte. Il y avait, en tout, $500 envirou, daus la boîte.

PE ve

5 On a trouvé cette boite le lendemain matin, derrière un hangar, dans le coin du jardin.

On ne pouvait voir, du devant de la maison, l'endroit où ètait la boite, le hangard empêchant Ja vue de s'étendre jusque là. C'est sa mère qui a retrouvé la boite et elle ne contenait plus d'argent. Le Lord dû couvert était renfoncé. Les testaments ont été trouvés à côté de Ja boite. Le soir mon père ma donné des balles ie avait trouvées dans la maison, et le lenemain, j’en ai trouvé une dans une porte. Il a trouvé aussi une capsule qui était enfoncée dans la porte de la cave.

e témoin tire ces balles de son gousset de gilet et va les montrer au jury.

La Cour s’ajourne à quatre heures.

Montréal, 29 septembre 1865.

La galerie est remplie de Dames, accompaguées de quelques jeunes Messieurs.

Les bancs et l’hémicycle de la Cour sont remplis de monde, parmi lesquels on remarque, comme le jour précédent, une foule de notabilités.

Ilest onze heures moins vingt winutes quand les procédés recommencent,

Barreau a la même expression, les mêmes hardes. Les pommettes de ses joues sont un peu plus roses, les cavités un peu plus päles que la veille. Il mastique quelque chose comme du gingembre. Le peu de timidité qu’il manifestait hier a disparu.

Les douze jurés sont appelés et répondent à leurs noms.

Casimir Moquin est appelé et son examen en chef est continué comme suit :

Je connais Barreau depuis dix ans. Il restait chez un de ses oncles. On l’a pris chez nous pour sou entretien. Alors il est resté à peu près un an chez nous,la première fois. La secunde fuis ilest resté une couple d’anuées. Uue couple de mois après être

arti de chez nous, Barreau est allé aux

tats-Unis. Je l'avais revu depuis son retour, il ya deux ans. Ilest alors venu

chez nous, où il a passé deux jours, couchant chez nous une nuit.

Une partie de l’argeut dont j'ai parlè hier était dans la maison depuis un grand nombre d’années, ainsi que pendant le temps que Barreau demeurait chez nous.

L'accusé devait savoir que cet argent était chez nous.

Cet argent est toujours resté dans la même boite et dans la même chambre,sur le devant de la maison. La raison pour laquelle Barreau devait savoir que cet argent était dans la maison, c’est qu’on en parlait assez souvent devant Barreau, auquel on ne prenait pas la peine de rien cacher.

Ilya une balle quiu passé daus un dossier de chaise,et a traversé un panneau de table qui se trouvait vis-à-vis. Une balle avait aussi traversé un cabaret qui se trouvait sous un lavier et en cet endroit le plancher était éraillé. Il y avait aussi un trou de balle, dans le mur au dessous de la plainte d’un chassis. J’ai trouvé un autre trou dans une plainte, sous la table, dans la chambre à coucher. La balle y est encore, (On se rappelle que Délima Duquet a dit que l’accusé avaittiré sur elle lorsqu'elle était cachée sous ia table.)

Le grand connétable apporte la boîte.

C’est un petit coffre de pin fragile, de douze pouces de long, sur six ou sept pouces de large ; et d’environ dix pouces de profondeur. fl est légèrement teint en rouge. Je haut du paroi où se trouve la serrure est fendu sur toute sa largeur, à environ un pouce et demi du couvert.

Le graud connétable reçoit l’ordre d’aller chercher l'or et les espèces monnayées mentionnées en cette cause. Îl revient avec des effets enveloppés dans une gazette, est assermenté, développe le paquet et lit la liste suivante des articles qui lui ont été remis par Shannon House, chef de police de Kingston et Hugh Bailliff, de Kingston.

M. Clarke s’objecte à ce que la liste des argents soit lue pendant que le chef de police de Kingston est en Cour, pour la raison que cela facilitera à celui-ci d’une façon illégale, l'identification des argents.

La cour rejette l’objection.

Le grand connétable lit alors la liste suivante : En or: un $5 de 1812, un de 1804 ; deux 1806 ; cinq 1808 ; un de 1810; un de 1811 ; quatre de 1812; trois de 1813 ; deux de 1818.

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Ily a dix piastres françaises, tn trois 6helins anglais, un écu espagnol, un éeu américain, deux 25 centins, deux 10 centins, un jonc en or, une montre d'argent aveo une chaîne et un petit loquet, un portefenille en cuir, une bourse de cair ; c'est tout ce que j'ai reçu du chef de police de Kingston, ceci m'a été remis comme ayant été trouvé sur la personne du prisonnier. Je produis huit cinq piastres d’or, que j'ai reçues de M. Gariépy, comptable de la Ban-

ue d'Epargne, le premier de juin. J’en pro-

uis un autre que j’ai reçu de M. Henry Henderson, Cette dernière pièce porte la date de 1809. J'en produis un autre que j'ai reçué de Mme Reid ; cette pièce porte aussi 1a datte de 1812. J'en produis aussi une autre que j'ai reçue d'une nommée Louise Loiseau, et qui porte aussi la dette de 1812. J'en produis trois autres qui m’ont été remises le 2 de juin, par Jean de Beaufort, sergent do police ; deux sont de 1811 ; un de 1812.

Le grand connétable exhibo ensuite ces pièces au Jury. Il est sous l'impression qu’il en manque une ; dix personnes cherchent sur le paquet, mais bientôt le grand connétable annonce que sa vigilance n’a pas été trompée; et qu’il les a toutes.

Le grand connétable apporte alors deux sacs contenant les espèces monnayées et dit :

Je produis maintenant #185.50, contenues dans deux sacs de'toile. : Je les ai reçus dans cet état là, de Edward Henry, le 30 mai dernier.

Je produis maintenant divers effets conteous dans une poche: une paire de chaussures, une paire de chaussons, un tablier, un jupon de flanelle jaune, qui m'ont été remis par le Dr. Dufresne, de Laprairie.

Je produis aussi une autre poche conteuant une paire de souliers, une paire de bas, un corset, une chemise, deux jupons bleus, un mantelet d'indienns, qui m’ont été remis par le Dr. Dufresne, le 30 mai dernier.

Tous ces vêtements sont plus ou moins tachés de sang, ce qui indique qu’ils ont appartenu aux victimes du meurtrier.

Je produis aussi, continue le grand connétable, un sac de voyage neuf en toile cirée, contenant un grand voile de coton; lesquels

objets lui ont été remis le 13 de juin, par le dernier témoin, Casimir Moquin.

Je produis aussi une petite robe en indienne

et une petite jupe dé flanelle, qui m'ont été remises par le dit Casimir Moduin.

Le grand connétable exhibe ces effets au juré; ils sont tachés de sang et paraissent avoir été serrés lorsqu'ils étaïent mouillés, particulièrement ceux de Marie-Louise Sauvage, ce qui s’explique par le fait que de l’eau a été jetée dans la chambre à coucher sur Île plancher de laquelle gisait les pauvrés victimes.

Les jurés en examinant ces vêtements, remarquent particulièrement les trous qui ÿ ont fait les balles.

Je produis aussi, continue le grand cornétable, un révolver, que Norbert Senécal, de Laprairie, m’a remis le deux septembre. Je produis aussi une chemise blanche et une paire de chaussons en laine, que j'ai trouvées chez Louise Loiseau, à Montréal, J'ai eu la boîte 3 la cassette, de Moïse Moquin, hier. J'ai reçu information qu'il y avait eu de l'argent de déposé à la’ banqte d’épargnes, par une nommé Louise Loiseau. ‘J'y suis allé et M.

Gariépy m'a remis celle que j'ai produis.

J'ai reçu information d'une nommée Eliza Hunt, qu’elle avait achetéé une paire de bottines chez M. Henderson. Je'suis allé chez M. Henderson, qui a d’abotd refusé de me remettre la pièce, ‘ Le magistrat lui a envoyé un ésubpæna et’il & remis la pièce. , Sur l'information de là même ‘Eliza Hunt, je suis allée chez maüaie Reïd où Louise Loigeau avait acheté un chapéau,et madame Reid m'a réthis un cinq piastres! Les deux pièces

d’or qui m'ont été remises ! par M. ‘de Mau tort, avaient été remises‘ à ‘celui-ci par M. Morgan, en ma présence, è

Casimir Moquin est alors rappelé et continue son témoignage. =

Les pièces d’or et les pièces d'argent qui me sont maintenant montrées sont les mêmes que celles qu’il avait dans la cassette de mon père. Je les reconnais parce que plusieurs sont tachées par l'humidité, vù qu’elles ont été cachées en 1837. Le petit sac de cha-

moi qui m'est montré est celui dans lequel se trouvait l’or qui appartenait à mon père.

Le témoin examine les pièces d'or mentionnées par le grand connétable et dit qu’elles sont les mêmes. Il continue en ces termes :

L'argent dur était contenu dans quatre sacs, dont deux de toile et deux en coton barré.

L'un des saes de toile était un sac à plomb, et

En,

l'aatre un sao que nous avons fait nous-même, Les piastres françaises étaiont daus un sac d'indienne. Le sac d'or et ce sac de piastres françaises étaient contenus dans un vieux bas de eoton, attaché par les deux bouts.

Les vêtements qui me *ont montrés sont ceux quo Marie Louise Sauvage portait le dimanche 28 mai.

M. Clarke: Je m'objecte à ce que l’on exhibe maintenant le effets qui n'appartiennent pas à Marie Louise Sauvage. On fait au prisonnier son procès pour le meurtre de Marie Louise Sauvage et non pas pour le meurtre d'aucune autre personne,

Cette partie de l'Examen est abandonnée.

Le témoin continue. Je reconnais ce sao de toile cirée et ce voile de coton; il m'a été remis par mon domestique, Beauvais, le samedi et je l'ai remis le mardi au grand connétable,

Jai vu le prisonnier le 26 de mai dernier.

Je lui ai parlé au marché Bonsecours ; il m'a dit qu'il arrivait des États-Unis, Il avait un surtout brun, à demi-jupe, des pantalons par carreau noirs et verts et des souliers blancs.

Transquestionné:—Je ne suis pas a juste combien de temps s'était écoulé depuis que javais vu l'argent eu question, a dernière fois avant cette affuire ; mais sept ou huit jours auparavant j'avais reçu $100 pour un cheval que javais vendu, et

avais mis cette somme duns le coffre.

L'or et les vieilles pièces françaises appartenaient à mon père. C’est mon père qui avait mis l’or dans le coffre, il ya de cela bien des années. Je n’étais pas présent lorsque mon père a mis l’argent dans les sacs, mais je les ai vus quand j'ai mis de l’argent dans le coffre. Je n’ui pas ouvert les sacs, chaque fois que j'ai mis de Pargent duns le coffre ; mais javais anterieuremeut compté l'argent qu'y avait daus le coffie. Je ne puis dire au juste combien de temps s’est écoulé entre la dernière fuis que jai compte l’argent et le meurtre.

J’identifie l'argent comme Je lai dit.

C’est de la même espèce d’argent que celui qu'il y avait; les dates sont les mêmes, et l’or a été tache pendant la rebellion ; nous l’avons essuyé et il a resté taché. Je ne sais pass’il n’y a pas d’autres personnes qui ont caché leur argent en

1837, et je ne puis dire s'il y a de l’er ou de urgent qui porte les mêmes murques ; je n’en ai jamais vu,

Pendant que Barreau restait chez mon père, il était grand ami avec Marie-Louise Sauvage, Barreau a été mulude d’une ficvre, pendant une couple de mois, dans l'hiver de In seconde anné», et Marie Sauvage en a eu bien soin. Barreau n’a jamais eu de dispute ou de querelle avec Murie-Louise Sauvage.

Je ne erois ras qu'il aurait été facile, pendant que Marie Suuvage était en haut, et pendant que Délimn Duquet était seule en bas, d'entrer daus la chambre, de saisir la cassette et de sauter pur la fvnêtre ; car il aurait fullu sauter d’une hauteur d’une dizaine de pieds, Du reste, cela n'aurait pu se faire sans que le bruit fait en brisant le coffre eut uttiré Marie Louise Sauvage.

La maisou là plus proche de la nôtre peut se trouver de deux arpents et demi à trois urpents. Barreau prenait de la liqueur forte dans les derniers temps comme bien d’autres, muis pus pour se déranger. Lorsque Barreau est venu il y a deux ans, le coffre étuit à la placu où il était lors du meurtre. la dû le voir, car ila rede dans tous les appartements comme pourrait le faire un homine que nous avons élevé.

Le jour que je Pui vu au marche Bonsecours, il m'a invitë d’aller diner chez lui, avec ur de mes beaux frères. Chaque fois qu’il na rencontré il m’a traité en ami.

Ré-examiné :—Le coffre n'était pas brisé lorsque je suis parti le matin pour aller à la messe.

Alexis Moquin père, cultivateur de Laprairie, est assermenté :

Je suis le père du dernier timoin, Casimir Moquin. Je demeure à Larrairie et mon garçon demeure avec moi. Je suis parti vers huit heures pour la messe avec ma femme, et mon fils n’est purti qu’à 8% h. du matin. J'ai laissé à la muison mon fils et sa femme, ainsi que ses deux enfants ; de plus, Marie Louise Sauvage et Délima Duquet. On est venu m’avertir à l’église que ma maison était en feu et

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