‹ Le procès de Guichard, évêque de Troyes (1308-1313) (volume 2)Chapitre 136 sur 208 · XXII" ARTICLE · texte numérisé non relu

XXII" ARTICLE

De la mort de Madame la reine de Navarre, mère de feue Madame la reine de France

(86 (('■moins;

es présomptions les plus graves pesaient sur l'évêque. )ord, il avait des raisons personnelles de haine contre la e de Navarre : il la haïssait parce qu'elle le poursuivait pour it de Jean de Calais et qu'elle l'avait fait chasser du conseil oi u ; il était en procès avec cil». Peu avant qu'elle ne moui conseillait à l'évêque de se soumettre à la volonté

Curé de Corfélii. — Trois charges, d'ap. G. Pastourcl, furent vendues

evêque. Cf. p. 19.

Curé de Corfélix.

/(/. — Horoville, c™ de Bar-sur-Aube.

Thibaut, curé de Buxis.

Hermand de Vertus.

Ce même jour, à Senlis, la reine avait dit à madame Blanche de Bretagne { et à la comtesse de Bourgogne 2 : — « L'évêque « deTroyes s'est vanté que je n'aurai rien de son argent, et « que, si je l'ai fait chasser du Conseil du roi, je ne lui enlèverai t< pas pour cela son évêché, que je perdrai mon comté avant « qu'il ne perde son évêché. » Et depuis ce temps jusqu'à sa mort, à plusieurs reprises, on lui avait entendu dire qu'elle craignait que l'évêque ne la fît empoisonner 3 .

Mais il n'avait pas agi seul. Il était en rapports intimes et fréquents 4 avec un Italien, Tenaille, fils d'un chevalier florentin, Simon de' Bardi 5 , et neveu de messeigneurs Biche et Mouche 6 . Ce Tenaille avait été receveur de Champagne; comme Guichard, il était l'ennemi irréconciliable de la reine de Navarre qui le persécutait et avait fait saisir tout ce qu'il avait 7 . Dans l'hiver de 1301, Tenaille se trouvait à sa maison de la Fonde Bernard Saisset ( v. p. 20). La reine y avait également suivi le roi; elle resta à Senlis du 20 octobre au 6 novembre 4301J(Tabl. de Jean de S. Just, Histor. de Fr., XXII, 522-24). La disgrâce de Guichard était encore toute récente, et la rencontre des deux reines avec leur ancien favori avait dû échauffer les esprits.

1. Blanche de Bretagne, fille de Jean, duc de Bretagne, mariée à Philippe d'Artois, fils de Robert II, comte d'Artois, mort en 4298.

2. Mahaut, fille de Robert II, comte d'Artois, femme d'Othon IV, comte de Bourgogne, comtesse d'Artois en 1302, veuve en 1303, morte le 27 octobre 1329. C'était la belle-sœur de Blanche de Bretagne. Voy. J.-M. Richard, Mahaut, comtesse d'Artois et de Bourgogne. Paris, 1887.

3. Hermand de Vertus : « Episcopus Trecensis se jactavit quod ego « nichil habebo de pecunia sua, et quod si ego feci expelli a consilio régis, <( propter hoc ego non tollam ci episcopatum suum, et quod ego perd a m « comitatum meum antequamipse perdat suum episcopatum. »

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