Niccolo de San-Miniato, Giacopo Aringi
DEUXIÈME SÉR11
Pour sa besogne, l'écuyer an son ', reçut des mains de Frai:
l'évéque 2 .
Comment il fut cki
La chose s'était passée en tv des témoins fussent renseigné:
l'accusation connaissait d'aillé deux témoins cependant furei dépositions vagues : ils savaie l'évéque avait été chassé du G l'occasion de Jean de Calais.
De la mort de
Entre la Nativité de la Vier] l 8r octobre) 1302, un soir, apr clerc, procureur en la cour de avec sa femme, quand Thibai vint le mander de la part de '
1. Raoul, bouteiller de la reine, après, à Guillaume de Bolay, qu'il barîllicr de la reine de France, <jui i
2. Rico Jttcobi. — Les Lombards mis avec Tenaille, leur neveu, dans Jacobi rapporte que, la reine morte renec, que Simon de' Bardi s'en ri avait apporte la nouvelle une lotir « Bichio de Franciscis, fralro domin ■ Estagium».
trouva couché, dans son lit. — « Il faut que tu ailles à Rome pour moi, lui dil Guichard : je te donnerai pour cela dix livres. Je te ferai donner tout de suite cent sous, tu auras les cent autres au retour : et avec cela, je ferai donner vingt sousà ta femme. Tu iras à Ivrée, en Lombardie, et, de là, à la cour romaine. Tu te dépêcheras d'aller à Ivrée pour y être avant certain « garçon ' », appelé Jean de Beaune, chanoine de Saint-Etienne, qui va à la cour romaine contre moi pour la reine de France ». Et, lui montrant un petit sac de toile ée, fermé et scellé du sceau de l'évêque (une petite cédule de rchemin y était attachée, sur laquelle on lisait : A Martino la Campane), l'évêque ajouta : — « Tu donneras à Martin de la Campane, à Ivrée, ce sac, où sont deux lettres : l'une pour Martin, où il y a (iO florins de Florence ; et l'autre pour M* Jean d'Amilli 2 , mon procureur en cour de Rome; et tu diras à Martin qu'il fasse ce que je lui mande dans le temps indiqué ». Richard jura de le faire; et l'évêque, à son tour, jura ? les saints Évangiles que, quand le clerc reviendrait, « i! lui donnerait son pain cuit en quelque bon lieu ». Richard se hâta tant qu'il put : en huit jours il fut à Ivrée, à ntrée de la Lombardie. Il trouva Martin, qui ouvrit le sac, it l'argent et la lettre qu'on lui adressait et remit l'autre porteur en disant qu'il ferait ce que l'évêque lui mandait. >mme Richard sortait de' la maison, il rencontra Jean de aune ; ils se saluèrent ; Jean lui demanda où il allait : Richard >oiidit qu'il allait à la cour romaine pour l'évêque ; Jean reparqu'il y allait lui-même contre Guichard.
Au milieu de la nuit, un valet de la maison où Richard était aché, le réveilla : Martin était venu dire que, s'il y avait dans maison des gens de France, ils ne partissent qu'au matin, il était mort chez lui un chanoine de Saint-Etienne de Troyes. i matin, Richard y alla avec Jean de Brienne, près Troyes, i logait avec lui : et il vit Jean de Beaune sur un Ht mor-
. Le sens de ce root était alors injurieux comme l'est aujourd'hui son
!■ M" Jean Je Langrcs ou d'Amilly, ditDandin.
Du brait qui courait sur lui depuis longtemps à propos de U mort de la reine de France
Sceau de Jeanne de Navarre, reine de France (1284) (Arch.Nat., J. 613, n» 20)
La mort de la reine de Navarre n'avait servi ni l'évèque, ni Tenaille : la reine de France avait àprement poursuivi les revendications de sa mère ; et la haine des deux complices s'était encore
que qui l'avait fait empoisonner, frère Durand, le confesseur reine de France, lui avait fait part des bruits qui couraient •■ la crainte qu'il avait, si la reine poursuivait l'affaire, que que ne lui fît comme il avait fait à sa mère *. i semaine après les Brandons * qui précéda la mort de la : 3 , Girard de Vauchassis, revenant de Paris, passait à Aix nt la maison de l'évêque. Guichard l'interrogea : — « Dit-on e la reine est malade? Sais-tu quelle maladie elle a? — irtes non, répondit Girard ; mais elle est gravement malade, îe que m'ont raconté Gilet de Sergines et Bracher, le cuisi- :r de la reine. i> L'évêque ajouta : — « On m'a dit qu'elle tourmente fort dans sa maladie; est-ce vrai? — Certes, . faut les croire : elle rejette le sang par en bas et par en ut, et l'on pense qu'elle ne pourra durer longtemps si cette iladie continue. — Dieu en soit adoré! répondit l'évêque. présent, elle sait, l'infidèle, ce qu'elle m'a fait. J'aimerais eux être juif que de ne pas me voir vengé d'elle avant de >urir ! Dieu m'aidera ! . . . Je voudrais bien que tu ailles imméîtement à Paris et que tu me rapportes ce qui en est de la .ne. » Girard refusa : en entendant l'évêque, il soupçonna Guichard avait fait empoisonner ou envoûter la reine ; car lit entendu dire que l'évêque avait eu récemment les livres 9 Jean de Gié, où étaient écrites, à ce qu'on disait, les pras de l'envoûtement 4 ,
reine était à peine morte que l'évêque dit à son entourage : Messires, voulez-vous savoir du nouveau? La reine est irte, ou elle mourra d'ici vêpres ! » Quelques-uns lui dirent : Mais, messire, comment pouvez-vous le savoir, puisqu'elle
)épos., II, 22, Frère Durand.
-14 mars 130S.
,a reine mourut le 2 avril.
iirard de Vauchassis : « Audiverat dici quod nuper babuerat libros
;istri Johannis de Giiaco, in quibusdicebantur esse scripte diwulta-
es h, Cf. Arch. Nal., J. 438, n° 4, la déposition de M° Jean de Gié. de
ir-Aube : l'évêque l'avait fait mettre on prison et lui avait enlevé tous
res, « de quoi il desroboit les gens, comme il disoit. »
Que l'évêque fut un homme <■ (47 témoins)
vicieux >
.part des témoins déposent, dans les mêmes termes, que était diffamé pour vice d'incontinence, d'usure, de pour ses exactions et ses violences. C'est comme >itulation de ses crimes ; les témoins répètent des faits wrtés ailleurs par eux-mêmes. La plus intéressante de ùtions est celle de Jean Garnier.
vie, l'évêque ne voulut payera personne ce qu'il devait; t ceux qui lui plaisaient et dommagea ceux qui ne , pas faire sa volonté ; il fut un homme de mauvaise ; relations malhonnêtes. Beaucoup de ses créanciers it dans la misère parce qu'il ne voulait pas les payer. Il nq ans vers Pâques, Jean Garnier était à Saint-Lyé dans lie; aussitôt après la messe chantée, l'évêque, par ïarnier et M" Milon de Gondrecourt, mettant la main el, dit : — « M p Milon, par le corps du Christ qui est sacré, sans compter 7.000 livres que la reine a eues de ; n'ai pas en biens mobiliers, avec mes chevaux, 300
semaines après, monseigneur Enguerrand de Marigny 'a, en biens mobiliers et en argent comptant, tant l'or et d'argent que de monnaie noire, à Troyes, chez ir, à Aix et à Sapoy, ainsi que chez les marchands des îsqu'à 17.000 livres 1 . L'évêque avait donc fait un
mit ans, il avait promis, sur parole de prêtre, de don n Garnier la première marguillerie vacante : il y en eut 1 vendit.
niiius Anjorrandus de Marrcigniaco... invenit de bonis dicti mobilibus in pecuuia numcrata tam in denariis aureis quam. i, quam in moncta nigra, in doroibus dicti episcopî tam Trecis, illalorum, quam apud Aquas, quam apud Cepeyum, quam pênes es iiuiidinarum, usejue ad decem et septem millia libraram. »